Notes sur quelques dates et faits

An IX

Le 16 nivôse, l’arbre de la Liberté fut de nouveau coupé à 5 pieds de terre.
Le 27 pluviôse, acte de mariage de Louis Antoine de Bayde, fils d’André et de Marguerite de Deshays de Bonneval, demeurant à Sainte Honorine la Chardonne (Orne) avec Adélaïde Cairon (sic) née à Béneauville, fille de Jean François Cairon (sic) et de Marie Jean de Crevecoeur, demeurant à Amblie.
L’acte est signé L.A. de Baudre, Adélaïde Cairon (sic) Victor Cairon (sic) frère de la mariée, demeurant à Courseulles.
La particule de est absente dans la rédaction de l’acte et les signatures.

Notes Rétrospectives :

En 1760, un enfant, Charles Jean Baptiste de Cairon est décédé et transporté à Cairon.
A cette époque, la famille de Cairon n’habitait pas Amblie. En 1790, une petite fille Zéphyrrne de Cairon de Barbières est décédée et inhumée dans le cimetière d’Amblie.

An X

Le 13 nivôse, le pont de la Thue, près du château, est démoli par des inconnus et les pierres jetées dans la rivière.
Le 3 prairial, les riverains de la Thue se plaignirent des meuniers dont les moulins n’avaient pas de vannes ou de déversoirs en nombre suffisant pour éviter les inondations. Ces moulins appartenaient au château. La propriétaire, Madame Veuve de Lavarande promit de faire exécuter les travaux indispensables afin d’éviter les dommages aux propriétés riveraines.
Du 21 thermidor, nomination du Conseiller Etienne Roger pour suivre un procès intenté à la Commission par MM. Dan et du Verbois au sujet de l’herbe d’une portion de prairie dont les habitant on eu la jouissance de temps immémorial.

An XI

Le 4 et 27 prairial. La paroisse d’Amblie ayant été réunie, pour le culte, à celle de Reviers, le Conseil municipal demande par délibération que l’église d’Amblie fut érigée en succursale. Ce qui fut accepté et l’année suivante, l’Abbé Ducagne fut nommé curé d’Amblie.

An XII

Le 14 prairial, le Conseil municipal avait décidé qu’un presbytère serait construit dans le cimetière et l’estimation fut fixée à 4000 francs. La délibération resta sans effet.

1806

Le 6 février, Jean Baptiste Bertrand fut nommé garde-champêtre avec un traitement de 121 francs. Ce n’était vraiment pas trop cher et il faisait autant de travail de Caillon qui aujourd’hui reçoit 600 francs.
Du 23 mars., délibération relative aux biens des déserteurs et réfractaires.
Quatre garnisaires furent placés chez les sieurs Lefèvre, Fallet, Renouf et Fauchaire dont les fils étaient réfractaires.
Délibération énumérant les biens des déserteurs et réfractaires. Michel Briquet, Michel Lequesne, Jean Baptiste Lefèvre et Pierre Lefèvre.

1809

Six garnisaires, dont un gendarme avec son cheval, furent placés chez Lefèvre, Lequesne, Marin, Turquetil et Larue, réfractaires. Les trois premiers reviendraient le 27 février à leur détachement stationné à Douvres.

1810

Le 6 octobre, le custos, en allant sonner l’Angélus, aperçut dans le cimetière un cercueil renfermant le corps d’un soldat déserteur qui y avait été apporté pendant la nuit.

1812

Délibération relative à l’achat d’un immeuble pour le desservant et à l’approbation du compromis signé à cet effet (12 avril).

1813

Des recherches furent faites en octobre, sans succès, sur le bruit d’un infanticide commis par une fille L. qui passait pour être enceinte et avoir fait disparaître l’enfant.
Lorsque le médecin, requis par le Maire, arriva pour visiter cette fille qui était seule à la maison, il éprouva un refus de l’inculpée laquelle voulut que sa mère assistât à la visite.  Elle sortit pour la chercher, mais elle ne revint pas.
Quelques jours plus tard, on découvrit dans un grenier dont le père L. était locataire, deux chemises ensanglantées.  Le médecin ne put déclarer si ce sang était le produit d’une couche ou d’une perte.  Des fouilles furent faites dans le jardin sans résultat.

1815

Le 25 mars M. Ambroise Victor de Cairon a été désigné par le Conseil pour faire partie de la Commission cantonale chargée d’opérer les évaluations cadastrales.

1816

Le 15 avril, installation du Conseil municipal nommé par le Préfet.  Le curé Ducagne en fait partie.  A titre de curiosité, voici le serment prononcé par les Conseillers.
 « Je jure et promet à Dieu de garder obéissance au roi, de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligne qui serait contraire à son autorité : ceci dans le dépôt de mes fonctions ou ailleurs qu’il se trouve (sic) quelque chose à son préjudice, je le ferai connaître au roi. »
L’adjoint Bertrand ayant été révoqué, Thomas Hurel fut nommé à sa place.

1819

Du 10 septembre, Délibération votant une imposition pour l’achat d’un cheval requis par les Paroissiens.

1822

Le 20 septembre, un incendie a éclaté et a détruit quatre maisons, occasionnant une perte de 5944 francs dont 1000 étaient assurés.  M. Victor de Cairon, Maire, sollicita du Gouvernement un secours pour les sinistrés.

1824

Le 19 avril, le Conseil municipal décide que le bureau de poste de Caen est celui qui fera le service de la correspondance de la commune d’Amblie.

1827

Le 2 octobre, Michel Levallois fut nommé garde champêtre au traitement de 500 francs qui fut abaissé à 400 francs l’année suivante.
Le garde donna sa démission.  Il fut remplacé par Alexandre Bayeux dont le traitement a été réduit en 1835 à 300 francs et reporté à 400 l’année suivante.

1835 1838

Le 22 décembre 1835, le Conseil municipal s’opposait, par délibération à la création d’un marché à Courseulles le mardi de chaque semaine et le 28 mai 1838, il refusa également l’établissement de trois foires dans la même commune.
Rien de remarquable ne se trouva plus inséré dans les registres des délibérations.
Nous citerons quelques faits à notre connaissance depuis notre arrivée dans la commune d’Amblie (1887).

1889

Deux incendies éclatèrent : le premier au château de M. du Buisson de Courson au hameau des Planches.  Il fut dû à l’imprudence d’une malheureuse infirme qui la paya de sa vie.  On retrouva ses restes carbonisés après l’extinction du feu. Les dégâts furent considérables, mais l’immeuble était assuré et le propriétaire l’a fait restaurer.  Comme le bâtiment est isolé, l’incendie ne se propagea pas.
Le deuxième se produit près de la maison d’école.  Nous venions de terminer notre attribution de prix et les enfants s’étaient retirés  lorsque nous entendions crier : au feu !
Nous sortons et apercevons les flammes en bas de la côte.  A cet endroit,  des lattes de colza (chauffe) avaient été déposées sur le bord du chemin.  Les enfants du nommé S. s’étaient procuré des allumettes, mirent le feu au tas.
Vous pensez si ça flambait !  En un clin d’oeil l’incendie gagna l’habitation près de laquelle se trouvait la paille de colza, puis passa de l’autre côté  de la cour et atteignit les autres maisons couvertes en chaume.
Cinq familles furent sinistrées et malheureusement toutes n’étaient pas assurées.  Un sieur Roussel dit la Begète vit son mobilier à peu près anéanti.  L’immeuble qu’il habitait au fond de la cour n’a pas été reconstruit.
La pompe d’Amblie avait pourtant fonctionné mais le lieu du sinistre était à une certaine distance de la rivière et l’eau faisait souvent défaut.
Le juge de paix et le procureur de la République vinrent à Amblie pour enquêter mais que pouvait faire la justice à des enfants de 5 à 6 ans ?

1890

Le 8 avril, un assassinat a été perpétré sur la personne de Félix Turquetil, farinier chez Baptiste Ruelle.  Ce Turquetil était allé voir sa famille à Reviers, dans l’après-midi du dimanche, et le lendemain un sieur Sarty, trouvait son corps dans un ruisseau peu profond au lieu-dit « Les fontaines noires », sur le territoire d’Amblie.  Ce ruisseau est situé à une certaine distance de la route d’Amblie à Reviers et le cadavre a dû y être transporté.
Grande émotion dans la commune.  J’étais alité à cette époque et je ne pus suivre les opérations.  La justice fut informée.  Le procureur de la République et un médecin légiste arrivèrent.  Le corps de Turquetil fut déposé dans une maison voisine, près de l’église aux fins d’autopsie.
Des traces de strangulation très apparentes furent facilement remarquées par les hommes de loi qui conclurent que le décédé avait été étranglé avant d’être jeté à l’eau.
Une enquête fut ouverte mais elle fut faite de façon qu’elle n’aboutit pas et jamais on a connu l’assassin. 
Cependant un sieur G. fut soupçonné.  Il était rentré chez ses parents  dans la nuit du dimanche au lundi avec ses habits et ses chaussures remplis de boue.  Notons que le lieu où fut trouvé le corps n’a d’accès que par un chemin bas et par conséquent très boueux.
La mère de cet individu fut obligée de laver les vêtements de son fils et elle ne put s’empêcher de dire à ses voisins : « Je ne sais où mon gars (sic) a été cette nuit, mais il est rentré avec ses hardes pleines de boue ».  Ce propos fut connu et les vêtements furent déposés à la mairie pour en faire la visite.  Il nous semble encore voir ce malheureux, blanc comme une cire, attendre dans notre cuisine la décision du Juge de Paix.  Les habits restèrent déposés à la mairie pendant une huitaine de jours.  Puis ils furent rendus à leur possesseur.
Où Turquetil a t il été étranglé? Sur la route ? Ou dans une maison ?
Dans le premier cas, il y aurait eu lutte dont on aurait aperçu les traces.  Dans le second cas, l’aurait-on fait boire puis étrangler ?
Ce Turquetil avait avec lui un chien qui n’a cessé de hurler dans la cour de l’école.
Pourquoi ce crime a t il été commis sur un homme qui était bien le plus inoffensif  des humains ?
On disait que Turquetil  en savait trop long.  Que savait-il donc ?  Une nuit qu’il était dans le moulin, il dut apercevoir des ombres humaines dans le jardin en face de ce moulin.  Et le lendemain, il dit à la maîtresse de la maison : « Ah maîtresse, si vous saviez ! ».  La maîtresse a su, mais elle s’est tue.  Probablement qu’elle avait ses raisons.

Mais, seize ans plus tard (1906), un meunier nouveau remplaça l’ancien.  Il fit nettoyer les cabinets d’aisances placés dans le jardin ci-dessus.  Le jeune homme qui exécutait ce travail mit à jour plusieurs ossements mélangés à de la chaux vive. L’ouvrier ne se douta pas de l’importance de la trouvaille car il brisa plusieurs de ces ossements avec son outil.  Il avertit cependant son maître et le fait se répandit dans la commune.
Le docteur Chatard fut requis de venir examiner ces ossements.  Après examen, il reconnut les fragments de deux crânes d’enfant et d’os provenant de fémur, tibia et radius.  Ces os furent déposés à la mairie où ils sont encore aujourd’hui dans un placard et enveloppés dans un journal.
Une enquête fut ouverte et c’est alors que l’opinion publique vit dans l’assassinat mentionné ci-dessus le corollaire de ce crime d’infanticide. Et le pauvre Turquetil avait sans doute été le témoin de ce crime.
L’enquête ne pouvait aboutir et les criminels étaient rassurés, couverts par la prescription car ce crime avait été commis avant notre arrivée dans la commune.
La rumeur publique le mit sur le compte d’une femme qui,, (prévoyait-elle la trouvaille par suite du changement de locataire?), a quitté la commune.  Le Sieur G., son neveu, avait aussi abandonné Amblie avec sa famille.

1902

Un troisième incendie se déclara au bois des Porées chez un nommé Durand, dont l’immeuble était inoccupé à l’époque du sinistre.  Il y abritait seulement ses bestiaux et ses fourrages. Un après-midi, vers deux heures, le sieur Durand était parti labourer lorsque l’incendie éclata quelques moments après son départ et gagna un immeuble voisin, en partie habité et appartenant à un sieur Leblond.  Un individu L. fut fortement soupçonné d’avoir allumé cet incendie mais les preuves matérielles faisant défaut, il ne fut pas inquiété.