Presbytère


Nous avons vu que le Conseil municipal avait conçu le projet de construire un presbytère dans le cimetière.
La Commune n’avait donc pas de presbytère.  Où logeaient les prêtres ?  Nous n’avons trouvé aucune mention à ce sujet.
Il existe dans les archives d’anciens contrats authentiques relatifs à l’immeuble qui sert aujourd’hui de presbytère.  Ces contrats sont datés de 1700, 1784 et 1815.
Voici la désignation de l’immeuble qui a été défini complètement transformé.
Une salle ou cuisine chambre et grenier.  Deux granges. Une partie voûtée sur laquelle il y a un grenier à foin.  Une étable en appentis contre la grande grange.  Un corps de logis sur le derrière.  Deux établis, chambre et grenier dessus.
En 1780, cet immeuble appartenait à Gabriel des Planches, sieur de Landes qui l’avait fieffé de l’abbaye de Fécamp moyennant 10 boisseaux de froment, 2 chapons gras et 10 livres d’argent par année.
Gabriel des Planches le céda à la date ci-dessus avec les charges précitées à Jean Fontaine lequel décéda en 1784, laissant trois fils, Jacques, Jean et Jean Baptiste qui firent la licitation et dont l’estimation fut portée à 790 livres.
Jacques Fontaine eut l’immeuble.  Il dut verser 200 livres ou faire 5 livres de rente à chacun de ses frères.  10 boisseaux de blé, 2 chapons gras et 10 livres en argent à la veuve Guéret de Bayeux qui avait remplacé l’abbaye de Fécamp pour cette créance, puis 4
En 1815, les enfants de Jacques Fontaine, Jacques, Pierre, Jean, Marie Anne et Jean Baptiste, vendent l’immeuble à la commune d’Amblie pour en faire un presbytère.
Cette vente eut lieu moyennant les 10 boisseaux de blé, les 2 chapons gras et les 10 livres d’argent à la veuve Guéret de Bayeux ; les 4 boisseaux d’orge à qui justifiera par titre authentique et non prescrit, puis les 10 livres de rente créé en 1784 en faveur de Jean et Jean Baptiste Fontaine ou représentants, et enfin 400 francs comptants versés par M. Victor Ambroise de Cairon.
La créance de la veuve Guéret et enfants a été amortie en 1894, moyennant une somme de 1773,50 francs, versée à la créancière Mme Garnier, non compris les frais à la charge de la commune qui emprunta deux mille francs remboursables en 20 ans.
Il restait à la charge de la Commune les 4 boisseaux d’orge qui n’ont jamais été réclamés et sont par conséquence, prescrits puis les 10 livres de rente (9,88f) aux héritiers de Jean Fontaine et de Jean Baptiste Fontaine, frères de Jacques.
Une héritière de Jean Fontaine (Augustine) avait épousé un sieur Pierre Antoine Lefrançois qui se trouvait être seul créancier de la moitié de cette rente.
En 1874, le titre fut renouvelé au profit de Pierre Lefrançois, marchand de fer à Bayeux.
Cette créance n’avait pas été réclamée à la Commune depuis l’acquisition.  Mais, en 1904, l’héritier de Pierre Lefrançois revendiqua la rente de 5 francs, invita la Commune à l’amortir ou à vendre le titre.
Le Conseil municipal fut très surpris.  Il pensait avoir complètement amorti les charges en 1894.
Après avoir vérifié les anciens titres, nous découvrîmes que la rente de 10 livres de 1784 existait encore.
La commune remboursa en 1905   le capital de cette rente de 5 francs.
Quant aux autres 5 francs dûs, les héritiers de Jean Baptiste Fontaine, au nombre de cinq, ayant négligé de renouveler le titre, la rente a été annulée.
En 1915, le presbytère sera libre de toute dette.