Les seigneurs d'Amblie


Nous trouvons dans un opuscule de Monsieur du Buisson de Courson que les premiers seigneurs connus d’Amblie étaient contemporains de Guillaume le Conquérant. Il cite les sires de Pierrepont qui ont « possédé » cette seigneurie pendant quatre siècles.
Les Murdrac au treizième siècle (1263) dont une descendante a épousé vers 1401 Geoffroy Patry seigneur de Graye.
Le domaine d’Amblie passa ensuite entre les mains d’un sieur Godes. Jacques Godes, seigneur et patron d’Amblie est décédé le 19 décembre 1629 (Etat civil). Les sires de Marguerye qui étaient seigneurs de Pierrepont, le possédèrent très peu de temps. En effet, un acte de l’état civil du 22 juillet 1630 porte la mention de Jacques Le Gardeur, seigneur et patron d’Amblie. Ce Le Gardeur avait épousé une filles Godes. C’est cette union qui le mit en possession de la seigneurie d’Amblie pour une assez courte durée aussi car un autre acte du 11 février 1671, qualifie Charles Le Prévost de Coupersarte, seigneur et patron d’Amblie.
Cette famille eut à soutenir un long procès avec les religieux de l’Abbaye de Fécamp afin de décider qui d’elle ou d’eux était seigneur d’Amblie et jouit des droits seigneuriaux attachés à cette qualité.
Cette abbaye possédait depuis plus de quatre siècles des nombreux fiefs dans la paroisse d’Amblie et nommait à un curé (probablement à Saint Pierre). Son bailli résidait à Saint Gabriel et ses vassaux d’Amblie étaient tenus de plaider devant lui.
L’arrêt ne fut pas rendu et Le Prévost de Caupersarte continua de porter le titre du seigneur d’Amblie.  Il était possesseur d’un fief de 145 acres qu’il tenait du roi moyennant une redevance annuelle de 60 sols.
Vers la moitié du dix huitième siècle la seigneurie appartint à un sieur de Villy pour fort peu de temps.  Il la transmet en 1767 avec toutes les terres d’Amblie et de Pierrepont à Messire Jean François de Cairon, sieur de la Varende, pour 248 600 livres et 2640 livres de vin (sic) et dont un héritier en ligne féminin entrera aujourd’hui en possession. Mais le domaine a été divisé en deux, dont une moitié ou à peu près, est revenue à Madame Delmas, née de Bonnechoix, petite fille de M. de Cairon.
Tous ces seigneurs d’Amblie et de Pierrepont relevaient en autre de la baronnie de Creully et les vassaux étaient obligés, à tour de rôle, de fournir des hommes pour le guet au château fort de Creully.
A titre de curiosité, nous copions dans l’opuscule précité, les droits féodaux des seigneurs d’Amblie : « droit de haute justice, de chasse,132 livres aux rentes, 53 boisseaux de froment, 80 boisseaux d’avoine, 40 vaches, 150 œufs, une livre et demie de clous de girofle, 12 livres de sucre, un peu d’huile, une paire de jarretières de soie, 3 livres de poires, 8 livres de bougie, une dizaine de mulette de moutons, 10 bouquets de fleurs, une vielle et une ??? le jour de la fête du seigneur et de la fête paroissiale – un couple de battoirs et 10 étaux par jour à la paume, une chandelle d’un quarteron qu’on doit présenter au seigneur à sa place dans le choeur de l’église à la messe de minuit, des fourches à foin, des pelles à bieu journées d’hommes pour la charrue avant et après Noël.  Le charriage de mules et le curage des lieux, droit de fourrage et de monnéage de 3 ans en 3 ans à raison d’un sol par an, droit d’échange et de contre échange, droit de banalité du four, du pression et du moulin ».
Une partie du domaine seigneurial d’Amblie, 80 hectares, est passée dans la famille de M. Des Buissons de Cairon.  L’autre partie, 210 hectares, est restée dans la Maison de Bonvouloir ainsi qu’il est dit ci-contre.