Les municipalités et l'instruction


Les municipalités qui se sont succédées à Amblie depuis la Révolution ne sont pas montrées généreuses pour l’instruction, laquelle fut très rudimentaire.
Lorsque Charles Lemarchand se présenta, il s’engagea à enseigner « à lire, à écrire et à l’arithmétique ».  Ces trois sciences furent trouvées trop étendues pour les enfants pauvres.  Une délibération du Conseil municipal du 3 mai 1817 contient le considérant suivant «que l’instruction essentielle à donner à ces enfants (les pauvres) est de leur apprendre à lire, que la science de l’écriture est inutile à des personnes qui doivent par la suite être occupées à des travaux pour lesquels l’écriture n’est pas nécessaire, que si on voulait la leur enseigner, ils resteraient trop longtemps à l’instruction et priveraient ainsi d’autres enfants d’en jouir à leur tour ».
Arrêté
 « L’instruction qui sera donné gratuitement aux enfants indigents sera seulement celle de la lecture ».
Suivent 8 signatures.
Cette délibération ne fait guère honneur à ceux qui l’ont signée et nous n’avons pas cru devoir insérer leurs noms dans cet ouvrage.
L’instituteur recevait pour cela quarante francs, somme qui fut élevée à cinquante en 1820 car, dit la délibération, le propriétaire a augmenté le loyer du logement du maître.
En 1829, la commune accorda cent cinquante francs mais pour une année seulement.  « Le nombre restreint des écoliers ne permettant pas à l’instituteur de vivre ».  Mais en 1831, le traitement communal est descendu à soixante francs.
Il en été ainsi jusqu’en 1838 où fut voté la première loi sur l’instruction publique.  Cependant le Conseil Municipal refusa de voter les deux cents francs de traitement (11 août 1833) tandis qu’il accordait 500 francs à un garde champêtre (1827) et qu’il votait 50 francs pour souscription à l’acquisition du domaine de Chambord en faveur du duc de Bordeaux en 1821 et 300 livres de pain distribués le jour de son baptême.  Enfin, il votait 50 francs pour les fêtes de juillet 1830 et 200 francs pour un vicaire en 1842.
On voit où allaient les générosités du Conseil municipal.  La Convention s’était montrée plus généreuse.  Lequesne recevait 233 livres, 6 sols et 8 deniers pour deux mois et 10 jours de fonction.  Ce qui équivalait à un traitement annuel de 1200 livres (Loi du 27 brumaire an III).  Malheureusement cette loi ne dura pas longtemps.
Jusqu’en 1832, les deux sexes furent réunis et la classe se tenait dans un local appartenant à un particulier.  La commune ne possédait pas de maison d’école.
Vers 1832, une école de filles privée fut installé par les soins de M. de Cairon dans le comté de Bonvouloir, son petit-fils, fournit aujourd’hui le local et le traitement. Cette école fut d’abord congréganiste. A partir de 1876, elle est dirigée par une institutrice laïque.
En 1843, la Commune acquit un immeuble destiné à servir de maison d’école pour les garçons.  Cet immeuble dont le plan se trouve dans nos papiers, se composait de deux salles, deux chambres et une grange.  La classe se fit pendant six ans dans la cuisine actuelle.  La grange fut ensuite transformée en salle de classe, la cour fut entourée de murs.
En 1875, la salle d’école fut pavée et un préau fut édifié dans la cour en 1886.
Le 8 août 1895, l’école est, par arrêté préfectoral, déclarée mixte.  De sorte qu’à partir de la rentrée (1895) nous avions pu recevoir des filles à notre école.  C’est ce qui eut lieu lors de la vacance de l’école libre en 1902, 1903, 4.  Aujourd’hui, l’institutrice publique reçoit les filles de l’hospice en nourrice à Amblie, par ordre de l’Autorité supérieure.