...Un grand merci à M. GOURIOT ainsi qu'à  M. DELAFENETRE pour leur travail remarquable...

Analyse sommaire des archives de la commune d’Amblie, suivie de notes sur certains faits & dates sur le presbytère et l’école

Analyse du 1er registre de la commune d'Amblie avant 1800

Ce registre, qui a servi à la fabrique de 1778 à la fin de 1796, a 150 feuillets, grand format, en papier et couvert avec du parchemin. Il est timbré et son cachet porte Gen. de Caen-extraordinaire.
Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1778, l’église (elle n’est pas nommée) a été visitée par un ou plusieurs malfaiteurs. La porte de la nef côté nord a été forcée, le mur du midi a été percé près de la tour pour le passage d’une personne, la serrure du buffet, où étaient renfermés les  ornements, a été brisée, la porte de la sacristie a été endommagée, mais les malfaiteurs ne purent y pénétrer.
Le 2 février 1778, une délibération suivie de 18 signatures eut lieu pour aviser à la réparation des dégâts commis.
Le 17 mai, délibération nommant 3 personnes chargées de conclure, par devant notaire, le bail d’une carrière, au profit de la Charité (2è registre).
Le 24 mai, autorisation donnée au seigneur Cairon de La Varende d’acheter des ornements d’église avec l’argent de la fabrique qu’il avait en dépôt depuis l’attentat précédent.
Le 11 avril 1779, M. Cairon de La Varende rend compte de l’argent qu’il avait en dépôt.
Le 29 juin nomination de Jacques Cauvin trésorier de la fabrique.
Le 27 août 1780, marché pour l’achat d’un confessionnal et d’une table de communion en fer.
Le 22 octobre comptes du trésorier relatifs aux achats ci-dessus.
Le 13 octobre 1782 délibérations des habitants pour la désignation d’un mandataire chargé de s’opposer à la distribution des pains de Charité réclamée par le maire et les échevins de Caen.
Le seigneur de Cairon de Lavarende fut nommé. Ce pain de charité, provenant du blé des terres de la fabrique, était distribué aux pauvres qui communiaient. A partir du 13 octobre il était fait 3 distributions : à Noël, Pâques et la Pentecôte, à quinze ou vingt familles des plus pauvres. Dans la même délibération, autorisation a été donnée au trésorier de faire certaines réparations à l’église.
Le 27 juillet 1783 nomination de Marin Lelièvre trésorier de la fabrique et qui fut maintenu dans cette fonction le 17 juin 1784.
Le 16 janvier 1985 fut établi un bureau de bienfaisance chargé de dresser la liste des pauvres qui seront secourus au moyen des biens et revenus employés jusqu’à ce jour, aux pains de Pâques ou de Charité. La distribution était faite par le curé. (reconstitué en 1830).
Le 4 août, autorisation donnée au trésorier de payer un ornement complet d’église pour les principales fêtes et les réparations des murs du cimetière.
Le 11 septembre reddition des comptes du trésorier Michel Porée : recettes 3691 livres 2 sols 6 deniers,
dépenses 2322 livres 5 sols 9 deniers,
reliquat 1368 livres 16 sols 9 deniers dont
600 livres données le 21 mai 1786 pour payer les ornements d’église.
Le 21 janvier 1787, autorisation donnée au trésorier de pays de payer au marquis de Blangy les frais des lettres patentes du roi, accordant aux paroissiens d’Amblie le blé de charité.
Le 17 juin, nomination de François Louis Durand trésorier.
Le 8 mars 1789, reddition des comptes du trésorier pour les 3 années précédentes :
Recettes 2256 livres. 11 sols 3 deniers
Dépenses1034 liv. 11 s. 6 d.
Reliquat – 1221 liv. 19 s. 9 d.
Le 14 avril, autorisation donnée au trésorier de payer à M. le curé le prix de restauration de tableaux de l’église.
Le 17 mai, délibération portant vote d’une somme de 600 francs pour être distribuée aux indigents désignés par le Seigneur, le curé  Lefant (prêtre), Durand et Marin Lelièvre.
Le 27 septembre, nomination de Lahaye trésorier, reddition des comptes du précédent trésorier à M. de la Varende.
Le 12 janvier 1790, remise des papiers de la fabrique dans le coffre à ce destiné. Autorisation donnée au trésorier de passer devant un notaire un bail des terres de la fabrique et de la Charité, de payer les réparations des portes de l’église et du cimetière.
Le 20 juin, nomination de Jean Morel trésorier. Conversion d’une dette de 132 liv. 13 s. 6 d. due par Charles Gilles en rente hypothéquée de 6 liv. 12 s. 9 d.
Le 19 décembre, autorisation donnée au trésorier de payer les sommes dues aux ouvriers chargés de la réparation de l’escalier et des murs du cimetière.
Le 20 février (3 avril) 1791, reddition des compte de Durand et de Lahaye. Le premier est redevable de 1281 liv. 4 s. qu’il verse séance tenante et dans cette somme se trouve un assignat(*) n° 28230. Le second doit 281 liv. 8s. 7d. pour la fabrique, 10 livr. pour la communauté et 20 liv. pour la Charité : en totalité 311 liv. 8 s. 7 d. qu’il a versés immédiatement.
Le 29 janvier 1792 a été faite une adjudication pour la fonction de custos. Le sieur François Lequel a demandé 58 livres. Il a té déclaré adjudicataire. Il devait sonner les angélus, les offices du dimanche et des fêtes, répondre la messe, assister à l’administration des sacrements de baptême et de mariage, balayer l’église, faire les fosses.
Le 10 avril, adjudication de travaux à faire à l’église et à l’escalier du cimetière.
 Le 20 mai, enregistrement de cinq contrats en parchemin qui ont été remis par Lerat, maire, dans le coffre du trésor en présence de la municipalité.
Le 9 mai 1793 Jean Morel, trésorier dépose ses comptes et le 23 mai suivant ces comptes sont apurés ainsi que ceux du citoyen Lavarende. Le 1er doit 828 liv. 11 s. qu’il s’oblige à payer dans un délai de six mois. Au second il était dû 8 liv. pour avance de fonds. Les signatures sont de Dujardin, maire Dupart, procureur Cauvin, greffier – Crespin, Roger, Turquetil et Porée officiers.
Le 19 septembre Jean Morel s’acquitte de ses 228 livres en cinq quittances et de 775 livres. 12 s. 6 d. en assignats.
Le 31 octobre 1795 (9 brumaire an IV) les officiers municipaux ont fracturé le coffre du trésor pour prendre possession du registre de la fabrique. Dujardin était maire, Dupart procureur et Roger officier.
Le 7 floréal an IV le registre a été arrêté par le maire et le procureur pour être remis à l’Agent municipal, adjoint.
Le 8 ventôse an VI, le lieutenant de gendarmerie Duquesnay, en stationnement depuis cinq jours à Amblie, a requis la veuve Lacour à fournir une voiture et deux chevaux, et Pierre Amer deux chevaux pour transporter des prisonniers à Bayeux.
Les 1er et 8 germinal an VI réquisition à Michel Porée de fournir 50 bottes de foin à Dujardin 30 bottes – à Dominique Jeanne 19 boisseaux d’avoine pour  la troupe stationnée à Creully à Jean-Baptiste Fontaine et Jean-François de Cairon 75 bottes de foin.
Le 10 germinal nomination de Jacques Bertrand agent et de Jean-Jacques Porée, adjoint. Le premier a été réélu l’année suivante.
Les 24 floréal an VII et 28 prairial, délibération concernant l’établissement de nouveaux états de section. Le citoyen Jacques Cauvin a été nommé adjudicataire pour l’arpentage à raison de 0f 13 par arpent de 100 perches ; il a reçu 112f 64 pour 866 arpents 1/2.
Le 19 prairial a été ouvert le coffre du trésor où il a été trouvé 6 contrats
1° du 10 décembre 1766 concernant 6 boisseaux de blé mesure de Caen.
2° fondation d’obits par testament, passé à Evrecy en 1662,
3° 6 boisseaux de blé, mesure de Bayeux et 100 sols d’argent par Cussy de Pierrepont, passé à Creully en 1667,
4° 3 livres de rente par Jules Lecouturier passé à Creully le 6 septembre 1751,
5° Un contrat passé à Creully le 5 juillet 1696 relatif à la reconnaissance de Cussy ci-dessus,
6° 20 livres de rente et 2 chapons par Mérite de Secqueville à la cure d’Amblie, passé à Douvres le 3 juin 1669.
Ici se terminent  les délibérations antérieures à l’année 1800, celle qui suit est du 5 pluviôse an IX concernant l’apurement des comptes du maire.

Archives consultables en ligne sur le site des archives départementales du Calvados http://archives.numerisees.calvados.fr/

Deuxième registre

Le second registre, de 1778 à 1826, a 145 feuillets dont 102 sont remplis. Il est de grand format, non timbré et couvert en parchemin.
Le 17 mai 1778, délibération nommant Pierre Bidet, Pierre Verrolles et Michel Porée, mandataires pour passer, devant notaire, un bail d’une carrière appartenant à la charité. Bien que cette délibération ne fasse pas mention de la dite carrière, il est fort probable qu’il s’agisse de la carrière d’Orival.
Le 20 janvier 1782, délibération pour s’opposer à la suppression du pain de Charité réclamée par les échevins de Caen. Nomination d’un mandataire à ce destiné (1er registre 13 octobre 1782).
Le 11 septembre reddition des comptes de Michel Porée
Recettes 396 liv. 10 s.
Dépenses 378 liv. 5 s
Au 4ème  feuillet, enregistrement de neuf décrets de la convention relatifs
1° à la compétence des Juges de paix.
2° à l’interprétation de la loi du 10 juin dernier (an II), concernant le recouvrement de la vente du mobilier distrait de celui de la liste civile , du paiement des ouvriers des fabriques confisquées au profit de la nation, aux militaires absents de leur corps, à l’entretien des phares , aux délits d’escroquerie, à la liquidation des droits de la République sur les titres de la Compagnie des assurances sur la vie, au domicile où le divorcé pourra être poursuivi, aux états de navigation.
Du 16 messidor an II, réquisition à la veuve Lacour, Jeanne, Lelièvre , Fontaine et Deloges de fournir de la laine pour être distribuée à un jour fixé ultérieurement. On ne trouve pas trace que cette distribution ait été réalisée.
Le 21 messidor, Jeanne Charlotte de la Maillerie de Bretteville l’Orgueilleuse et sa servante Anne Gaucher ont rendu hommage au Bureau. Réquisition de l’Agent national aux Maires et aux officiers municipaux d’afficher les lois.
Le 23 messidor, enregistrement d’un certificat de civisme délivré à Jacques Bertrand.
Le 25 messidor, réquisition de l’Agent national aux Maires et aux officiers municipaux de faire enregistrer les lois.
Le 26 messidor, réquisition du Maire et des officiers municipaux aux marchands de la Commune d’afficher sur la porte de leur boutique ou magasin la nature des marchandises et le prix de chacune d’elles.
Le 3 thermidor, réquisition du maire à Charles Lerat de fournir une voiture et deux chevaux à Guillaume Coisnon, François Nicolle, Bâton, Pierre Ameline et Jean Baptiste Fontaine de se rendre à Caen à l’Abbaye aux Dames.
Le 13 thermidor, nomination de Charles Lemarchand comme greffier. Ce Charles Lemarchand a été le second instituteur, il avait succédé à Cauvin démissionnaire en 1794.
Aux feuillets 8 – 9 – 10  11 – 12 et 13, enregistrement des lois et de 53 passeports du 23 thermidor au 25 vendémiaire an III. Certificat de domicile délivré à Jeanne Charlotte Cairon de la Maillerie.
Le 8 thermidor (1) Jacques Cauvin se démet de ses fonctions d’instituteur et de greffier. Il est remplacé par Charles Lemarchand de la commune de Cairon qui s’est engagé à enseigner, la lecture, l’écriture, l’arithmétique et la morale républicaine. Il a été installé le 9 thermidor après avoir prêté serment et produit un certificat de civisme et de bonnes mœurs.
Le 12 thermidor, la municipalité, sur une lettre du Receveur de la Délivrande, fait défense au seigneur Lavarende d’engranger aucune espèce de grain avant qu’elle n’en ait appris le compte.
Des réquisitions de blé étaient faites par la municipalité de Caen pour l’alimentation de la Halle. Des mandats d’arrêt étaient lancés contre ceux qui refusaient ces réquisitions.
Du 28 fructidor, réquisition aux citoyens Desplanches, Vve Cresou , Lavarende, Charles Jean, Pierre Ameline de fournir chacun une bonne couverture de laine.
(1)  Il doit y avoir une erreur de date.
Les requis n’ayant pas obéi à cette réquisition un nouveau commandement leur a été signifié le 30 brumaire an III.
Déclaration de la veuve Courson de recevoir chez elle Henriette  Pallas Harel pendant 8 ou 10 jours.
Le 30 fructidor, nouvelle déclaration de Desplanches qui a affirmé que sa maison se composait de quatre personnes.
Le 14 vendémiaire an III, taxe au pain à 18 sols les 100 livres, arrêté du maire et des officiers municipaux concernant 60 quintaux de blé à fournir à la halle de Caen et réquisition à François Lepaulmier et à François Lefebvre d’aller battre ce blé. Ayant refusé un mandat d’arrêt fut décerné contre eux le 20 vendémiaire.
Le 11 brumaire, nomination de 4 commissions pour apurer les  comptes de Jacques Porée.
Le 19, nomination de deux commissaires pour faire le recensement des semences.
Le 23, réquisition à la veuve Charles Jean d’une voiture et 4 chevaux ; à la veuve Lacour une voiture et 2 chevaux ; à Dujardin 2 chevaux pour atteler avec la veuve Lacour ; à Jean Morel une voiture et 2 chevaux ; à Chauvet et François Tillard un cheval chacun pour joindre  à la voiture de Jean Morel et ensemble pour transporter du foin à l’Abbaye aux Dames de Caen.
Déclaration de Lepetit Montfleury de passer huit jours dans la commune.
Du 19 frimaire, nouvelle réquisition de 3 voitures à 4 chevaux à la veuve Lacour, François Nicolle, Lavarende, Veuve Midot, Jean Baptiste Fontaine, Marcel Marie pour porter du foin à Caen.
Le 16 nivôse, recensement de tous les grains pouvant se trouver dans les granges. Un sieur Guillaume Chauvet a refusé l’ouverture de la sienne.
Il était défendu de transporter des grains et de la farine sans un permis de la municipalité sous peine de cinquante livres d’amende.
Le 18 floréal, la population affamée se présente au château de M. de Lavarende et lui réclama le blé qu’il destinait à la halle de Caen. Il accéda au désir de la population.
Le 30 floréal, l’arbre de la liberté a été coupé à 3 pieds de terre et le battant de la cloche a été volé. Où cet arbre de la liberté a-t-il été planté ? Il n’existe à ce sujet aucune mention dans les archives.
Le 12 thermidor, nomination de François Caumont garde champêtre, comme étant « bon citoyen et véritable républicain » mais il fut remplacé  le 6 fructidor par Pierre Marie et Pierre Lami qui devaient veiller sur les récoltes de jour et de nuit. Ils recevaient pour traitement un sac de blé et la nourriture pendant la garde des récoltes. Ils prêtaient serment.
Le 24 messidor, Pierre louis Lequesne succédait à Charles Lemarchand comme instituteur. Il touchait 233 livres 6 sols 8 deniers pour deux mois et dix jours (du 21 messidor au 1er vendémiaire). C’était un beau traitement pour l’époque et fixé par la convention (loi du 27 brumaire an III ) mais il dura peu.
Le 15 thermidor, Charles Lemarchand greffier est remplacé par Pierre Louis Lequesne.
Sur le 29ème feuillet, le 12 vendémiaire an IV, recensement des grains récoltés par les cultivateurs. 80 déclarants ont récolté 33081 gerbes de blé, 7357 gerbes d’orge et 5099 gerbes d’avoine.
Le 12 vendémiaire, an IV, fut opéré le partage des biens communaux par trois experts qui reçurent 2024 livres pour leur travail. Ce partage comprenait 74 lots attribués chacun à une famille. Ces lots étaient très inégaux et variaient entre 17 et 93 perches. Le travail fut terminé le 15 pluviôse.
Au 30° feuillet se trouve le tableau des habitants qui ont reçu ces biens (voir ces lots dans les pages suivantes)
Le 15 brumaire, élection de Guillaume Chauvet agent national et Michel Porée adjoint.
Le 1er frimaire, autorisation donnée à Jacques Bertrand de poursuivre devant les tribunaux les difficultés et réclamations au sujet du partage des biens communaux. Il recevra 50 livres par jour pour le voyage à Caen, 25 livres pour ceux qui ne dépasseront pas une lieue de sa résidence et 40 livres s’il était obligé de coucher. Il faut reconnaître que cet homme était grassement rétribué. Autorisation accordée à la citoyenne de Courson de prendre sur ses fermiers la quantité de grain prévue par la loi.
Le 14 nivôse an IV, réquisition à Jacques Leretour, Jean Morel, Marin Lelièvre, Pierre Ameline, Pierre Bidot, Guillaume Couesnon, Jean Dujardin, André Fouchaux, Jean Baptiste Renouf, Vve Midot, Jean Baptiste Fontaine, Lavarende, Jean Verdant, Vve Edinne, Pierre Lelantier, Jacques Marin Pierre Lemarchand, E. Roger, Jacques Youf, Jacques Bertrand, François Nicolle, Jacques Porée, Pierre Letellier, Gilles Lejeune, Pierre Marie, Michel Marie, Jacques Dujardin, Richard Bâton et Jean Bidet de fournir chacun un lit garni et le transporter à Creully. Chauvet fournira une marmite.
Le 30 pluviôse, une perquisition a été faite par un sergent-major du 31ème régiment chez Pierre Ameline pour y arrêter son fils Baptiste réfractaire ; mais il ne fut pas trouvé chez lui.
Le 16 ventôse, il a été donné lecture des lois, arrêtés et ordres de police du 4 nivôse au 4 ventôse.
Le 24 ventôse, inventaire d’un chétif mobilier appartenant à la veuve Dubos, qui était absente depuis un an de la maison de la veuve Midot qui voulait la faire réparer.
Le 8 germinal, remise des armes possédées par les habitants au sieur Pierre Angée, capitaine de la Compagnie des Chasseurs du canton de Creully. Un certificat de résidence et d’indigence fut délivré à Anne Petit, femme de Jacques Roger pour toucher une pension.
Le 28 germinal, les habitants d’Amblie et de Pierrepont s’assemblèrent pour délibérer sur la part des biens communaux revenant à chaque commune.
Le 5 floréal, enregistrement de la lecture de l’amnistie en faveur des jeunes gens de la première réquisition et d’un arrêté ordonnant de placer des sentinelles dans la tour ; mais Dujardin, maire et Dupart procureur de la commune ont refusé les clefs de l’église. Ils ont été cités à comparaître devant Levardois, commissaire du Directoire exécutif du Canton de Creully.
Le 7 floréal, il a été fait un inventaire des objets renfermés dans l’église où depuis deux mois on ne célébrait plus d’offices : un banc en chêne à 4 portes et 4 serrures, une petite boite au dessus ; 5 bancs et le banc de la fabrique ; 33 bancelles ; 4 tabourets ; 2 confessionnaux.
Dans le clocher : une cloche fêlée, sans son battant. Les scellés furent apposés sur la serrure de la porte de la sacristie. On a ouvert le banc de la fabrique et on y a trouvé des papiers presque pourris par l’eau qui tombait sur le coffre. Ils ont été enveloppés dans un morceau de toile scellé de deux cachets. Les anciens fonds baptismaux étaient en marbre. Les trois croisées du chœur étaient cassées et les portes du cimetière enlevées.
Le 9 floréal Jacques Dujardin, commandant de la garde nationale fut requis de placer des sentinelles dans le clocher.
Du 10 prairial, autorisation donnée à Chauvet, agent municipal, de payer 48 livres en argent monnayé aux avocats qui se sont chargés des affaires du partage des biens communaux, en convertissant la quantité suffisante d’assignats pour parfaire cette somme.
Dans la nuit du 23 au 24 messidor an IV la ferme des Planches a été attaquée. La porte d’entrée et celle de la cuisine où était couché le fermier Jeanne ont été enfoncées à coup de hache. Pendant ce temps, la fille du fermier, couchée  dans la chambre, passa à travers les barreaux de la fenêtre de derrière et courut à Colombiers chercher du secours. Quelques personnes étant accourues, les bandits disparurent sans qu’on eût pu les rejoindre. On sait que la ferme des Planches sur Amblie est proche de Colombiers sur Seulles.
Le 6 germinal an V, le séquestre des biens du curé Lefort, déporté , fut levé et ses héritiers purent entrer en possession de ses biens. Ce prêtre était curé de la seconde portion d’Amblie (Trinité de Pierrepont).
Le 30 nivôse an VI, un nouvel arbre de la Liberté fut planté. L’emplacement n’en fut pas indiqué.
Le 3 frimaire an VII, un assassinat a été commis dans le presbytère d’Amblie. La famille Saillenfert réclama douze mille francs à la Commune. Une souscription de 150 francs fut faite, le 7 pluviôse, pour les frais du procès à soutenir. La Commune fut condamnée à payer 2000 francs à la famille. Elle porta appel le 29 pluviôse, puis se désista et se conforma au jugement (4 ventôse).
Ici se terminent les délibérations antérieures à 1800. La suivante est du 30 prairial an VIII.

Partage des biens communaux

Les biens communaux ou Communes étaient de deux natures désignées sous les noms de Communes sèches et de Communes vertes.
Ils se composaient de sept pièces de Communes sèches et treize de Communes vertes. Leur contenance ,leur valeur, leurs abornements ont été décrits par Michel Bâton de Colombiers, Jean Chirot et François Daudeville de Banville arpenteur et experts, assistés de Jean Jacques Porée Jean Dujardin – Etienne Roger d’Amblie, Poulain de Pierrepont indicateurs. Ils ont reçu 156 livres pour ce travail.

Désignation

Communes sèches :
1e pièce     213 perches        valant     19 liv.  06 s.
2e pièce    275                22 liv.  18    04 d.
3e pièce    470 – 06 pieds            62 liv.  17     //
4e        693 – 16            58     01
5e        742 – 12             61     17    06
6e        049 – 12            02     09    06
7e        352 – 03             29     06    10

Communes vertes
1e        033 – 22             09     19    07   
2e        101 – 09            33     15    08
3e        069 – 21            20     07    07
4e        046 – 06            01     19    //
5e        081 – //             02     //    06   
6e        009 – 12            03     03    04    
7e        148 – //            43     03    04
8e        122 – //            35     11    08
9e        042 – 06             05     05    07   
10e        046 – 11            05     05    07
11e        091 – 07            26     12     06
12e        085 – 10            21     07    //
13e        082 – 12            27     10    //
------------------------------------------------------------------------------
Total        3760 perches – 21  pieds    493 liv. 3 sol. 4 den.

Ces 3760 perches ont été divisées en 74 lots inégaux suivant leur valeur. Ils ont été attribués aux familles ci-après composées de 7 à 12 personnes.



des
lots   
Noms et prénoms    Nb
de
pers.   
Contenance   
Obser-
vations
1    Marie Pierre (fils Jean)    11    78 perches   
2    Mouillard Philippe    10    71   
3    Jean Jacques    9    64   
4    Marie Pierre (fils Pierre)    10    71   
5    Martin Jean    7    60 – 14 pieds   
6    De Courson veuve    10    86 – 6   
7    Marie Michel    8    62 – 4    
8    Lengliné Pierre    9    45   
9    Chauvet Guillaume    9    45   
10    Couesnon François    11    54   
11    Marie Pierre (maréchal)    11    54   
12    Ameline Jean Pierre    11    53   
13    Poulain Henri    10    48 – 12    
14    Porée Jean François    10    48 – 12    
12    Bayeux Pierre    10    42 – 18    
16    Michel Jacques    10    47 – 12    
17    Bâton Richard    11    71 – 2    
18    Crespin Jean    9    70 – 11    
19    Cauvin Jacques    9    70 – 11     
20    Nicolle François    10    78 – 6    
21    Verdant Thomas    9    70 – 11    
22    Auvray François    9    70 – 11    
23    Turquetil François    10    78 – 6    
24    Morel Jean    10    78 – 18    
25    Triquet Michel    8    62 – 6    
26    Guillemette Jean    10    78 – 6    
27    Lelantier Jean    10    78 – 6    
28    Lelièvre Marin    10    78 – 6    
29    Letellier Pierre    10    78 – 6    
30    Tillard François    12    93 – 20    
31    Midot veuve    10    78 – 6    
32    Boulais Jean    11    86 - 6    
33    Couesnon Guillaume    12    93 – 20    
34    Jean Michel    8    62 – 18    
35    Dujardin Jean    9    70 – 11    
36    Lecouturier Louis (fils Fois)    10    22 – 15    
37    Gibert Jacques    11    86   
38    Montégu Jean    9    91   
39    Verdant Jean    10    86   
40    Lefèvre François    10    83   
41    Noury Jacques    9    17 – 15     Commune
verte
42    Lelièvre Marie (Vve Marin)    10    19 – 14     id
43    Dessillons Robert    11    21 – 14     id
d44    Turquetil Pierre    11    21 – 14     id
45    Lerat Charles    10    21 - 14     id
46    Dupart Pierre    10    21 - 14     id
47    Morel Thomas    9    25     id
48    Déterville François    9    33    id
49    Gibert Charles    11    57    id
50    Déloges Pierre    11    75 – 12     id
51    Marie Michel (boulanger)    10    22 – 17    
52    Lemarchand Pierre    11    25 – 6    
53    De Crèvecœur    10    22 – 15    
54    Lalonde Charles    9    21   
55    Richard Charles      10    22 – 15    
56    Lamy Pierre     9    21   
57    Etienne Antoine    11    25 – 6    
58    Boulais François    10    22 – 17    
59    Porée Michel    10    22 – 17    
60    Roger Etienne    11    25 - 17   
61    Lelantier Jean    10    22 – 17    
62    Fontaine Jean Baptiste    11    48   
63    Couesnon Marie    9    46 – 11    
64    Lebrun Thomas    11    25   
65    Bayeux Jean (père)    9    20 – 6    
66    Leretour Jacques    11    25    
67    Auvray Pierre    10    24 – 13     Dont 3
de Cairon
68    Bertrand Jacques    10    23 – 15    
69    Lequesne François    9    23 – 15    
70    Lelantier Marie    10    24 – 13    
71    Lemarignier Marin    11    24   
72    Lejeune Gilles    9    19 – 8    
73    Boulais Jacques    10    22   
74    Gilles Charles    10    22   

Les lots ont été tirés au sort le 3 messidor an IV.

Etat civil

L’origine des registres de l’état civil remonte à François Ier  qui, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts 1539, enjoignit aux curés la tenue d’un registre de baptêmes.
A Amblie cette ordonnance ne fut appliquée que 83 ans plus tard (1622) ou les registres antérieurs à cette date ont disparu.
Les protestants, lors de la réforme religieuse, n’eurent pas d’état civil : les curés refusant ordinairement de les inscrire. Ce ne fut qu’en 1788 que les juges furent chargés, au refus des curés de rédiger les actes d’état civil des protestants.
De 1622 à 1793 inclus, il y a 14 registres tous en papier. De 1793 à l’an VIII les actes sont inscrits dans 7 cahiers détachés, un pour chaque année. Outre les actes de baptêmes, de mariage et d’inhumation, on trouve dans les 9 premiers registres (1622-1744) des délibérations ou communs, des certificats audiencés, des nominations de collecteurs pour la perception des impôts, de trésoriers, de syndics de baux et de vente d’immeubles.
1er registre 1622-1641 – de format moyen a 34 feuillets dont 19 ont servi aux actes de l’état civil, 12 à des contrats et 3 sont restés en blanc.
Il contient 110 baptêmes, 57 mariages et 95 inhumations. Ces actes fort mal écrits, tous très courts. En voici quelques spécimens.
Deux jour mars Guillaume Le Tremble fut marié avec Perret d’Octeville - Noble home (sic) Guillaume de Pierrepont fut inhumé 1626 13 novembre – Le 19 décembre 1629 Jacques Godes, seigneur et patron d’Amblie, rendit l’esprit et fut inhumé dans l’église le jour Saint Thomas apostre (sic) – Le 22 juillet 1630 la fille du seigneur de Pierrepont fut baptisée présentée par le sieur des Maisons et la demoiselle de Banville – le même jour fut baptisé le fils de Jacques Legardeur, sieur de Croisilles et de Gillonne d’Aché. Nous pourrions en citer un grand nombre de cette nature. Les curés ne s’inquiétaient guère de la filiation. Les noms des pères et mères étaient souvent omis.
A partir de 1638 les noms des parrains et marraines figurent dans les actes de baptême.
Le verso du 22e feuillet contient six contrats. Au 23e feuillet acquisition de Jean Desplanches bourgeois de Caen de 3 vergées de terre delle des Longs Champs,(*) de Jacques Bernis – de 8 vergées de Charles Jean – de 7 vergées de Fallet.
Au feuillet 24 – 5 vergées de Jean de Bally – Jean Fallet acquiert de  Pierre Fallet 3 vergées de terre – Henri Regnault sieur de Cardonnay, acquiert 7 pièces de terre des Fallet – Honnête homme Richard Galay acquiert 3 vergées du fief d’Amblie.
Au feuillet 26, Antoine du Haulondel acquiert de Marie Fallet veuve de François de Guerville 3 pièces de terre à Orival.
Au 27e feuillet, Jean Desplanches acquiert de Ezéchias Fallet 2 acres de terre, delle des Londes – de Jean Fallet, 3 vergées également aux Londes.
Pierre Bidot achète de Pierre Fallet 2 acres à la Haute Epinette et 2 acres delle du Cardonnay.
Au 28e feuillet, Honnête homme Henri Régnault sieur du Cardonnay acquiert de Ezéchias Fallet 6 vergées delle du Buissonnet(*).
Au feuillet 29 Jean Desplanches, sieur de la Fontaine, achète de Mathieu Fallet, 7 vergées delle des Vaux et 5 vergées delle des Londes.
Au 30e feuillet Ezéchias Fallet vend à Pierre Bidot 2 acres delle de la Haute Epinette(*) et un acre delle de Beaumont.
Au 31e feuillet Jean Desplanches acquiert de Guillaume de Bally une grange avec la cour qui en dépend.
Au 33e feuillet Pierre Bayeux achète de Pierre et Ezéchias Fallet une maison maniable – grange – étable – chartrie (sic). Ce contrat est inachevé par suite de la disparition des feuillets suivants. Les baptêmes des enfants naturels sont inscrits en sens inverse avec le mot Nota en marge.
2e registre (1638 – 1664). Comme on le voit, ce registre contient 3 années du premier. Format moyen, 11 feuillets, couverture en parchemin. Jusqu’au 30e feuillet il contient 172 baptêmes,33 mariages, 14 inhumations. Aucun de ces actes n’est signé. Un feuillet détaché contient au recto 3 inhumations, 1 baptême, 1 publication et 1 fiançailles (1658). Au verso on voit une délibération des habitants de Pierrepont pour la nomination des Collecteurs de la taille (1624)
Au verso du 29e feuillet est attaché un extrait du doyenné de Creully constatant l’inhumation dans le chœur de l’église Saint Pierre d’Amblie, de Urbain, patron, curé de la 1e et 2e portion d’Amblie 19 novembre 1663.
L’autre partie du registre commence par la fin, en sens inverse et contient des communs ou délibérations des habitants, entre autres la bannie  de la carrière d’Orival (1641), trois pour la bannie du Gué  1646, 1650 – 166 – Du 4 février 1660 une liste de 43 contribuables. Enfin des délibérations pour enrôlements et dérôlements. Le Gué, dont il est question ci-dessus se trouvait se trouvait sur la Thue un peu en amont du pont actuel, près le château.
3e registre (1666 – 1676). Nous faisons remarquer ici que l‘année 1665 n’est pas indiquée sur les 2e et 3e registres. Nous verrons plus loin qu’en cette année on ne trouve aucun mariage ni inhumation et deux baptêmes seulement.
Petit format, 48 feuillets dont 17 ont servi à l’état civil. Les autres, dont plusieurs sont en blancs, contiennent des délibérations.
On y trouve 38 baptêmes, 5 mariages et 19 inhumations. Ces actes sont signés du curé, du custos et autres pour les inhumations.
De 1666 à 1671, les actes paraissent s’appliquer à l’église Saint Jean d’Amblie, curé Lefranc.
Au 18e feuillet, acte constatant l’imposition de Pierre Greffin à 15 livres Ceblancs; acte de déclarations de Jacques Nicolle de son intention d’aller demeurer à Colombiers ; de Poulain, berger, de demeurer à Cully. Délibération concernant la collation du denier du fouage.
Au 19e feuillet, opposition de Madelaine Costy à un mandement d’excommunication.
En 1669 un contrat audiencé, en 1670 un contrat d’acquisition de François Regnault sieur du Cardonnay, en 1671 déclaration de Louis Lebourgeois d’aller demeurer à Etreham, de Pierre de Cussy de demeurer à Lantheuil (1672), de François Henry Rocquier de demeurer à Pierrepont (1672), de Costy Jean David, Basly et Gilles de Banville, d’habiter Amblie.
En 1673, opposition faite à un mandement par Jean Lucas, une déclaration de changement de domicile, un contrat entre messire François Antoine Guerville Gislain, chevalier, seigneur de Cainet, fils de noble dame Anne de Guerville d’une part, et Jean Desplanches, d’autre part, de plusieurs pièces de terres.
1674, opposition de Jean Bidet et de Jeanne Lami à un  mandatement de Jacques Marie,  trois nominations de collecteurs.
En 1675. Déclaration de Jacques Nicolle et de Jean Regrande de Colombiers d’habiter Amblie.
1876, une bannie du Gué et nomination de collecteurs.
Au verso du 30e feuillet se trouve un acquit de Deslandes à Jean Lefebvre, dit Palidor, de 10 livres lequel en doit 15 pour 3 années d’arrérages. Cet acquit porte la date du 1er janvier 1692. Suivent huit autres acquits ou reconnaissances portant la même date. Les trois registres ci- dessus ne sont pas timbrés.
4e registre (1676 – 1686). Petit format, 16 feuillets. Il contient 25 baptêmes, 6 mariages, 6 inhumations. Le timbre est formé d’un soleil sur un lis – au bas les mots  Gen. de Caen.
En 1678, trois déclarations de changement de domicile par Griffin, Pierre Fallet et Cambotte. Deux nominations de collecteurs.
1679, un contrat audiencé.
Puis plusieurs nominations de collecteurs et changements de domicile dans les années 1680 à 1685.
5e Registre (1666 – 1692). Nous faisons remarquer que ce registre remonte à 1666, comme le troisième. Grand format, 74 feuillets dont plusieurs de petit et de moyen format intercalés. A partir du 35e feuillet le timbre est formé d’une couronne royale sur un lis.
Du 50e au 55e feuillet, le timbre est semblable à celui du 4e registre. Les autres feuillets ont un timbre rond formé d’une couronne royale sur un lis et portant dans le double cercle les mots :  Gén. De Caen.
Il contient 216 baptêmes – 60 mariages et 76 inhumations. Ces actes sont suivis de plusieurs signatures.
Au verso du 13ème feuillet, un acte de baptême est raturé. Au 14ème feuillet, baptême de 2 jumelles et de 2 jumeaux au verso. Un seul acte a été dressé pour ces jumeaux.
On voit dans ce registre trois délibérations pour enrôlements et dérôlements, 11 pour la nomination des collecteurs, 6 contrats audiencés, une nomination de 2 délégués pour faire à Caen la déclaration de la contenance d’Amblie et Pierrepont.
Au 19e feuillet, déclaration concernant la « cueillet » (sic) des deniers dus au château de Caen pour le guet. Bannie du fouage.
Au verso du 21e feuillet, assignation à un sieur Bidgrain.
Au 24e feuillet, adjudication pour le luminaire de l’église.
Au 25e feuillet, délibération pour la couverture de l’église. Aux feuillets 28 à 30 mandatements concernant les taillables.
Au 31e feuillet, délibération au sujet du trésorier qui ne sait ou trouver l’argent pour payer les frais faits par lui. Election d’un trésorier.
Au 34e feuillet, délibération pour le traitement du custos.
Au 36e feuillet, exploit relatif à des sommes dues au trésor. Au feuillet 53, bannie du fouage. Au verso du feuillet 56, opposition à mariage.
6e Registre (1683 –1707). On remonte à 9 années en arrière. Format moyen, 34 feuillets, couverture en parchemin. Le timbre des 28 premiers feuillets est identique à celui des derniers feuillets du 40e registre. Aux autres feuillets le sceau, de forme rectangulaire porte en haut Un sol 4 den. la feuille ; au centre, un personnage ayant à droite une ellipse dans laquelle est un lion et 3 lis ; à gauche une ancre ; au bas Gén. de Caen Un sol la feuille. Sous ce cachet, il y en a un autre, de forme ronde, ou l’on voit la couronne royale, 3 lis ; au bas, la croix de Saint Louis ; à droite et à gauche deux L.
Ce registre est très mal tenu : les actes sont inscrits dans un désordre complet et en des sens différents ; 48 ont été insérés deux fois.
Il contient 57 baptêmes, 15 mariages et 12 inhumations, 7 délibérations, 2 contrats, 8 déclarations de domicile, 16 nominations de collecteurs, 13 oppositions à mandatements, 2 déclarations de grossesse (14 février 1687).
Au 1e feuillet on trouve une délibération en latin du 23 novembre  1683 l’acte est inachevé au 24 décembre 1684. Au feuillet 31, une publication de ban est rayée. Au 32e feuillet une publication de baptême est rayée.
Septième registre (1692 – 1699). Ce registre devrait faire suite à celui du cinquième. Format moyen – 49 feuillets. Il est formé de trois cahiers rassemblés. Le premier est couvert en parchemin.
Les quatre premiers feuillets ont un timbre rectangulaire portant Gén. de Caen – saize (sic) den. la feuille. Au centre, un soleil sur une couronne royale laquelle repose sur un globe. Les 4 autres feuillets du 1er ont un timbre semblable à celui des derniers feuillets du 6e registre. A partir du 37e feuillet, le sceau est formé d’un cercle ayant un lis et une couronne royale ; à droite et à gauche sont deux animaux  et ou on lit : 4 D – un s. Il n’y a encore dans ce registre aucun ordre dans l’inscription, parfois en sens inverse, des actes et délibérations.
Il contient 108 baptêmes, 28 mariages et 49 inhumations, 6 délibérations, 12 nominations de collecteurs, 2 déclarations de grossesse, une délibération sur le pain de charité et une bannie de la carrière d’Orival.

Statistiques du XVIIème siècle

Les actes de l’état civil étaient rédigés par les curés qui, pour la plupart, n’étaient pas très fort en orthographe et se servaient d’expressions peu convenables. Ainsi pour désigner le sexe de l’enfant qu’ils baptisaient, ils employaient les mots mâle et femelle. Un acte de baptême mentionne que le père d’un fille naturelle était « vagabond » 1696.
Dans le cours du XVIIe  siècle, les naissances, les mariages et les décès n’ont pas toujours été inscrits. Ainsi dans les années 1622 – 1643 – 1665 et 1666, on ne trouve aucune inhumation dans les registres. Les mariages n’ont pas été enregistrés dans les années 1625 – 1630 – 1634 – 1638 – 1642 – 1649 – 1650 – 1656 – 1657 – 1658 – 1660 – 1662 – 1663 – 1664 – 1665 – 1673 – 1684 – 1694 et 1697.
Seuls les baptêmes étaient assez régulièrement inscrits. Cependant, nous n’en avons trouvé aucun en 1637 et deux seulement en 1665.
Des omissions nombreuses sont constatées dans les années 1627 – 8 – 1631 – 3 – 5 – 7 – 1642 – 4 – 1681 – 5 où nous n’avons trouvé que deux et même une inhumation.
En 1630, le dernier acte est du 22 juillet.
En 1631, le premier acte et de juillet (3 ou 30).
En 1634 le dernier acte est du 22 septembre et en 1637 du 27 août. Un acte commencé le 5 novembre 1645 n’est pas achevé.
Dans le même acte sont inscrits deux jumeaux, deux décès et même deux mariages. Nous trouvons également deux déclarations de grossesse. Les malheureuses filles qui avaient été mises à mal, devaient comparaître devant le curé, et en présence de témoins, déclarer pour qui elles étaient grosses et prendre l’engagement de ne pas attenter aux jours de l’enfant. Ainsi les actes de baptêmes des enfants naturels mentionnaient le nom du père. Nous avons trouvé un baptême du 27 février 1665, l’un des deux de l‘année, d’une fille naturelle du « fait de Jean Baptiste Legardeur, seigneur et patron d’Amblie et de marie Paisant ». un autre du 1er août 1666 «  du fait de Mathieu et de Marguerite Rigaud »
Nous avons trouvé en l’année 1680 ce qui suit : «  Le 9è jour de juin 1680, j’ai cité Françoise Pasquier de me dire la vérité sur sa grossesse laquelle m’a dit être des œuvres de Jacques Laloy domestique chez M de Coupesarte ». En 1695, Marguerite Legendre a déclaré être grosse pour Pierre Rocquier de Pierrepont.
Les curés avaient-ils une si forte autorité pour exiger de telles déclarations ? Comme ces pauvres filles devaient être humiliées et essayer de cacher leur état. Nous n’avons trouvé que six déclarations de ce genre dans le 17ème siècle. Il est vrai qu’un édit de HenriII prescrivait aux filles-mères de déclarer leur grossesse.
De 1622 à 1699 inclus les actes ont été écrits sur plusieurs registres. Ainsi de 1638 à 1641 sur deux registres (1e et 2e), de 1665 à 1672 sur 2 registres (2e et 5e), de 1673 à 1676 sur trois registres (3e 4e et 5e), de 1677 à 1683 sur 4 registres (3e 4e 5e et 6e), de 1684 à 1692 sur trois registres (4e 5e et 6e), de 1692 à 1699 sur deux registres (6e et 7e).
Il est matériellement impossible, avec ces données, d’établir une statistique sur le mouvement de population et la durée de l’existence dans le cours du 17ème siècle. Nous avons cependant, malgré les omissions constatées d’autre part fait ce travail, moins la durée de la vie, puisque l’âge n’est pas indiqué dans les actes d’inhumation.
Pour la facilité du calcul, nous avons réuni dix années afin d’établir une moyenne.
 

An-
nées    Naissances    Moyenne    Mariages    Moyenne    Décès    Moyenne
1622
à 29    55    7    30    3,75    48    6
1630
à 39    51    5    23    2,3    39    3,9
1640
à 49     62    6,2    12    1,2    38    3,8
1650
à 59    78    7,8    19    1,9    53    5,3
1660
à 69    82    8,2    16    1,6    59    5,9
1670
à 79    122    12,2    29    2,9    55    5,5
1680
à 89    109    10,9    29    2,9    42    4,3
1690
à 99    118    11,8    24    2,4    55    5,5
    677    9,96    182    2,73    390    5

Nous trouvons, pour une période de 78 ans 677 naissances, 182 mariages et 390 décès. Ce qui donne une moyenne de 9,94 pour les naissances ; 2,33 pour les naissances et 5 pour les décès. Ces moyennes sont bien faibles pour une population qui, pendant cette période était supérieure à 700 habitants. Elles sont la preuve matérielle des omissions d’actes dont nous parlons plus haut, surtout des actes de décès, dont le nombre 390 donnerait une augmentation de population de 287 habitants pendant 78 ans, ce qui n’est pas possible.

XVIIIème siècle

8e registre (1700 – 1727) inclus. 167 feuillets dont les 11 derniers sont en blanc, couvert en parchemin. Il contient 100 baptêmes, 85 mariages, 236 inhumations; 51 délibérations relatives à certains travaux, à des secours, aux tailles;  53 nominations de collecteurs, 10 déclarations de changement de domicile,  2 oppositions à mariage 16 bannies de pain de charité, 7 nominations de trésorier, 2 de syndics , 2 vente d’émondes.
Au 14e feuillet, un acte d’inhumation est raturé ; au 15e feuillet, la nomination des collecteurs est biffée. Au feuillet 31 un enrôlement et un dérôlement sont raturés. Le feuillet 39 est râturé en entier. Au feuillet 64 un acte d’inhumation est rayé. Aux feuillets 70 et 71  un certificat est supprimé. Au feuillet 101 une déclaration de grossesse est rayée. Au feuillet 109, délibération pour la refonte de la cloche. Au feuillet 119, délibération pour le traitement des custos. Au feuillet 129, délibération pour la location de la carrière d’Orival.
Le 1er feuillet a deux cachets dont l’un est décrit au 7e registre, l’autre porte au haut Gén. de Caen – au bas : Saize (sic) den. – à droite et à gauche deux têtes d’oiseaux. Ces deux têtes se voient du feuillet 5e , au feuillet 13e, au 2e feuillet le sceau est semblable à celui du 37e feuillet du 7e registre. Du 17e au 34e feuillet le sceau est ovale et porte une couronne royale et les mots Gen. de Caen – au bas Seize den. . Du 35e au 47e feuillet, le sceau d’une couronne royale sur un lis, avec les mots : Gen. de Caen – un sol – 4 den.
Des feuillets 61e à 67e  et de 88e à 93e, le cachet porte 3 lis, en bas les mots ci-dessus et deux têtes de levrette. Du feuillet 94 au 113e le timbre porte les mots ci-dessus – un soleil sur un lis au centre ; de chaque côté deux scorpions et deux têtes d’aigle.
Les autres feuillets ont comme timbre : un lis  sur les mots Gen. de Caen – au centre, un cercle et 3 lis, et de chaque côté : un sol – 4 den.
9e registre (1727 – 1744). Format moyen, 127 feuillets. Il contient 288 baptêmes, 72 mariages et 228 inhumations; 17 délibérations pour travaux et nominations d’un custos,  de trésoriers et de syndics ; enrôlements et dérôlements; une déclaration de grossesse.
Au 16e feuillet, bénédiction de la croix de Pierrepont 31 décembre 1728. Au feuillet 53 se trouve une publication de bans. Le baptême d’Anne Léger est inscrit deux fois 1er janvier 1736
Le timbre des 16 premiers feuillets a la forme d’un demi-cercle portant : Un S – 4 den. la feuille,  au bas Gen.de Caen, au centre un caducée de chaque côté duquel se trouvent une roue et 3 lis dans une ellipse.
Du 17e au 86e feuillet, le timbre porte une couronne ducale entre les mots Seize deni., au centre 3 lis dans une ellipse, de chaque côté de laquelle sont deux personnages aux ailes déployées, au bas Caen
Les derniers feuillets ont un timbre portant au centre, un lis entre deux animaux et dans le pourtour : Un S – G. de Caen – 4 D.
10e registre (1745 – 1758). Format moyen, 124 feuillets. Il contient 198 baptêmes, 51 mariages, 143 inhumations.
Les délibérations ont cessé d’être inscrites dans les registres de  l’état civil. Or, le premier registre des délibérations existant dans les archives de la mairie porte la date de 1778. Donc pendant 33 ans, les délibérations ont dû être insérées dans un registre qui a disparu ou qui se trouvent dans les anciens registres de la fabrique.
Au verso des feuillets 18 et 26 – déclarations de grossesse, inscrites en sens inverse de Marie Thomasse et de Anne Bidgrain.
Au feuillet 122 figure un acte de baptême déjà inscrit au feuillet 117.
Les trois premiers feuillets de ce registre ont deux sceaux, l’un portant au haut, G. de Caen – 3 lis dans une ellipse, de chaque côté 3 lis dans une ellipse, de chaque côté de laquelle sont deux personnages aux ailes déployées – au bas 1sol – 4 den. – au centre un animal qui se voit jusqu’au 51e feuillet. L’autre sceau est semblable à celui de la fin du 9e registre.
Du 51e au 107e feuillet le sceau est rond et porte : G. de Caen – 1 sol – 8 d. – au centre, deux L entrecroisés, et les derniers feuillets portent en plus : deux sols  et un lis.
11ème registre( 1759 – 1766). Format moyen, 76 feuillets en 17 cahiers détachés et enfermés dans une enveloppe en papier vert.
Il contient 128 baptêmes,38 mariages, 104 inhumations.
Deux jumeaux ont été inscrits dans le même acte de baptême le 17 juillet 1759 ; et le 20 juillet suivant ces deux jumeaux étant décédés ont été inscrits dans le même acte d’inhumation.
Le timbre des feuillets est semblable à celui des derniers feuillets du 10e registre.
12e registre (1767 – 1777). Format moyen, 114 feuillets, couverture en papier vert.
Il contient 226 baptêmes, 53 mariages, 172 inhumations.
Le 12 juillet 1768, deux mariages sont inscrits dans le même acte (frère et sœur sont unis à sœur et frère).
Au feuillet 81 encore deux baptêmes dans le même acte.
Le timbre de ce registre est identique à celui du 11e registre.
13e registre (1778 – 1785) . Format moyen, 82 feuillets, couvert en papier vert.
Il contient 158 baptêmes, 36 mariages, 89 inhumations.
Aux feuillets 13, 24 et 78 deux baptêmes dans les mêmes actes.
Même timbre que celui des 11e et 12e registres.
14e registre (1786 – 1792). Format moyen, 80 feuillets, couvert comme les trois précédents.
Dans ce registre se trouvent deux feuillets grand format contenant, par duplicata, les inhumations de l’année 1792. Les cahiers sont cousus en sens inverse. L’année 1792 commence, 1786 finit.
Il contient 128 baptêmes, 28 mariages, 87 inhumations.
Les 10 premiers feuillets ont un deuxième timbre portant au haut : la loi, le roi – au bas, dans un rectangle : minute. 4 S. – au centre, un personnage assis, tenant d’une main une balance, D du Calvados. Les autres feuillets ont un timbre semblable à celui des 11e 12e et 13e registres.
De 1792 à 1799 les actes de l’état civil ont cessé d’être enregistrés par les curés. Ils sont reçus par l’officier public l’adjoint municipal – l’agent municipal ( 1793 – 1794 1795 – 1796 – 1797 – 1798 – 1799 ) , le Maire 1799, Cauvin of., Porée adj., Chauvet ag., Bertrand m.
Les sept cahiers sont de grand format. Ils contiennent 11 baptêmes, 40 mariages, 75 inhumations, 5 publications.
Les actes sont inscrits à part (N – M – D). Le timbre du premier cahier a la forme ovoïde et porte au haut ; la loi, le roi, D. du Calvados – extraordinaire – au centre, un personnage couché – dessous : minute, et au bas, un lis.
Celui des 2e et 3e cahier  porte : la loi – au centre, un personnage assis tenant une balance – dessous et dans un rectangle : minute – au bas : 8 S.
Celui du 4e cahier est rond, on y voit les mots Rép. Fra. 75 centimes.
Celui des 5e et 6e cahiers est triangulaire, on y voit un personnage coiffé d’un bonnet phrygien et 75 centimes.
Celui du 7e cahier est octogonal et porte les mots : Rép. Fra. Calvados, 75 centimes – au centre une femme assise tenant une ancre dans la main droite et une couronne dans la gauche.

Les actes de l‘état civil, pendant ce siècle, sont toujours courts et assez mal écrits et les registres sont mal tenus.
Un seul prénom est donné aux enfants exception faite des enfants des familles nobles. Les mêmes prénoms sont très souvent donnés.
Nous trouvons dans ce siècle 191 Jean ou Jeanne, 176 Jacques ou Jacqueline, 115 Marie, 101 Pierre puis viennent François, Anne, Catherine, Charles, Guillaume, Madelaine, Marguerite.
Les actes de mariage font mention de fiançailles, des trois publications. Le nombre de témoins est illimité, mais les signatures sont fréquemment remplacées par une croix, avec ces mots : La marque de. La filiation n’est pas indiquée dans les actes d’inhumation.
De 1759 à 1766, les baptêmes, les mariages et les inhumations ont été faits dans l’église Saint Jean d’Amblie.
Jusqu’en l’année 1792 les registres ont été tenus par les curés. A cette époque ils ont passé aux maires. Dès lors les mots paroisse, baptisé, inhumé ne sont plus employés. Le premier acte d’état civil signé par le Maire d’Amblie, un sieur Lerat, porte la date du 24 novembre 1792. Un nommé Cauvin rédigeait les actes dont les formules se rapprochaient de celle de note époque actuelle. Ils sont inscrits à part sur un même registre, et une table chronologique termine chaque registre. La statistique du 18ème siècle va encore être incomplète, car nous avons trouvé que 112 actes d’inhumation ne mentionnant pas l’âge des décédés. Nous avons été obligés de faire abstraction de ces 112 décès dans le calcul de la durée moyenne de l’existence tout en les maintenant pour la moyenne des décès.
Voir ci-après le tableau des naissances, mariages et décès. 

    Année    Naissances    Moyenne    Mariages    Moyenne  Décès    Moyenne    Nombre d’ans    Durée Moyenne de la vie
1700-
1709    165    16,5    39    3,9    75/42    7,5    568    17
1710-
1719    160    16    39    3,9    104/37    10,4    1968    30
1720-
1729    160    16    34    3,4    111/10    11,1    1870    20
1730-
1739    167    16,7    42    4,2    108/2    10,8    2763    26
1740-
1749    140    14    34    3,4    121/11    12,1    3793    34,5
1750-
1759    138    13,8    36    3,6    96/2    9,6    3768    40
1760-
1769    169    16,9    48    4,8    1142    11,4    3610    32
1770-
1779    200    20    37    3,7    180/2    18    5141    30
1780-
1789    188    18,8    44    4,4    109/1    10,9    4074    38
1790-
1799    145    14,5    50    5    116/3    11,6    3699    32,7
    1632    16,3    403    4    113,4    11,3    31259    30,5

Dans la première décade, il y a ; 42 décès sans mention de l’âge
Dans la 2ème : 37
Dans la 3ème : 10
Dans la 4ème : 2
Dans la 5ème : 11
Dans la 6ème : 2
Dans la 7ème : 2
Dans la 8ème : 2
Dans la 9ème : 1
Dans la 10ème : 3 …
Donc un total de 112.
Le tableau ci-dessus nous donne 1632 naissances et 1134 décès pour une période de cent ans. La différence en faveur des naissances, soit 498, nous semble énorme et nous porte à croire que des inhumations n’ont pas été inscrites.
Depuis 1622 à 1799 inclus (178 ans) l’excédent des naissances sur les décès est de 785. La population au début du 19ème siècle aurait été plus que doublée.
La moyenne des naissances annuelles dans ce siècle a été de 16,3 ,  celle décès de 11,3. Ce qui surprend dans ce tableau c’est le nombre relativement peu élevé des mariages : 403 soit une moyenne annuelle de 4, pour une population qui devait se renouveler 3 fois dans ce siècle puisque la durée moyenne de la vie n’a pas atteint 31 ans.
Les années pendant lesquelles la mortalité a le plus sévi sont 1738 avec 28 décès, 1764 avec 29 décès, 1776 avec 47 décès.
En l’année 1705 nous n’avons trouvé que 4 décès. En 1703, 1706, 1732, 1734, 1755, 1765, 1766, 1769 : trois, quatre, et cinq décès seulement sont inscrits et plusieurs autres années avec 6 décès.
Les naissances ont été nombreuses en 1707 avec 28 naissances. 1770, 1775, 1777 avec 26 naissances et plusieurs autres avec 25, 24, 23, 22 et 20 naissances.
Nous ne pouvons faire de statistique sur la mortalité des enfants en bas âge et des jeunes gens au-dessous de 20 ans, pour la première moitié de ce siècle, puisque 102 actes d’inhumation ne mentionnent pas l’âge des décédés.
Pour l’autre moitié, en faisant abstraction des 10 décès, nous avons trouvé que sur 606 décès 104 enfants sont morts avant d’avoir atteint l’âge de six mois, soit 17% 166 jeunes gens sur 606 sont passés de vie à trépas avant d’atteindre 20 ans soit plus de 27%. Ainsi plus de 44% de la population, presque la moitié, disparaissait avant la vingtième année. N’est-ce pas effrayant ?
Cette mortalité était évidemment le résultat de mauvaises conditions de l’existence (hygiène, habitations malsaines, nourriture, salis de préparation)

Inhumations faites dans l'église (état civil)

Nous n’avons trouvé aucune trace d’inhumation faite dans l’église Saint Jean d’Amblie.  Certes celles qui suivent ont eu lieu dans l’église Saint Pierre.  Quatre ont été faites dans l’église Sainte Trinité de Pierrepont.
1ère       1626 Charlotte d’Auberville, femme de Jacques Godes 23 octobre.
2ème        1629 Jacques Godes, seigneur et patron d’Amblie
3ème       1630 La fille du seigneur de la Londe dans une chapelle de l’église de Pierrepont.
4ème       1635 Jacques Le Gardeur, sieur de Croisilles, seigneur et patron d’Amblie 13 octobre
5ème       1663 Urbain, patron, curé d’Amblie.
6ème       1667 Charles de Pierrepont dans le choeur de l’église de Pierrepont le 10 octobre.
7ème       1674 Demoiselle Anne des Planches, filles de Messire Jean des Planches  et de Catherine de Basly (le 18 juillet)
8ème       1684 Charles Le Prévost de Coupersarte, seigneur et patron d’Amblie (21 mars)
9ème       1689 Marie Anne de la Luzerne, veuve de Le Prévost de Coupersarte 
10ème       1694 Catherine de Basly, femme de Jean des Planches (5 juillet)
11ème       1695 Marie Antoine Le Prévost de Coupersarte, seigneur et  patron d’Amblie (1er octobre)
12ème       1695 Catherine de la Racinière, épouse de Etienne de Pierrepont dans l’église de Pierrepont.
13ème       1714 Jacques Emmanuel Le Prévost de Coupersarte, seigneur et patron d’Amblie (23 février)
14ème       1702 Guillaume de Marguerye, écuyer, seigneur et patron d’Amblie et de Pierrepont dans le choeur de l’église de Pierrepont (23 .............)
15ème       1705 Philippe de Pierrepont, écuyer, sieur de Grammont, dans l’église de Pierrepont.
16ème       1709 Jean Baptiste Augustin Le Prévost de Caupersarte, fils de Louis Antoine et de Madelaine de la Luzerne (31 août)
17ème       1711 Louis de Bonnechose, curé d’Amblie (19 octobre)
18ème       1721 Antoinette Lambert de Vengeons, veuve de François de Marguerye, seigneur et patron de Pierrepont et d’Amblie.
19ème       1725 Gaspard Lefèvre, curé d’Amblie, proche le mur, contre la table (28 mai).
20ème       1728 Pierre Parée, au dessous de la chaire, près de son épouse (28 octobre)
21ème       1729 Un nommé Godard, sous l’aile du côté de la Vierge (chapelle) (22 janvier)
22ème       1741 Philippe Saint Jorre (14 ...........)
23ème       1741 Madelaine de Bonnechose, veuve de Philippe Saint Jorre (18 août)
24ème       1742 Louis Antoine Le Prévost de Caupersarte, seigneur de Caupersarte, Amblie, Pierre (21 juillet)
25ème       1745 Marie Françoise Adèle de Bard, épouse de Jacques Le Prévost de Caupersarte, seigneur et patron de Caupersarte, Amblie, Pierrepont la Chapelle etc. (29 juillet)
26ème       1757 Guillaume de Marguery, curé de la 2ème portion d’Amblie (Sainte Trinité de Pierrepont) (25 juin).
27ème       1764 Gouesnon, maître d’hôtel chez M. de Caupersarte, dans la nef à côté du midi (17 janvier).

Impositions

Relativement aux impôts avant 1800, nous n’avons trouvé que quatre états de Section A à D du 9 thermidor an VII, contenant, savoir :
    Section A 140 numéros en 20 feuillets
    Section B 263 numéros en 34 feuillets
    Section C 147 numéros en 20 feuillets
    Section D 318 numéros en 42 feuillets

Puis une matrice de la contribution foncière de la même date contenant 278 articles en 26 feuillets. 
Il est à présumer que d’anciens registres concernant  les impôts ont disparu des archives puisque le 4 février 1660, se trouve une liste de 43 contribuables au 2ème registre de l’état civil et nous avons vu que des collecteurs chargés de percevoir la taille et la gabelle étaient élus chaque année par les paroissiens.
Nous savons que la noblesse et le clergé étaient exemptés de l’impôt, lequel retombait lourdement sur le paysan qui était louable et corvéable à merci et parfois battu lorsqu’il ne payait pas.
Parmi les anciens impôts, nous citerons la capitation, la prestation, les douanes, autres droits sur les ventes, les héritages, l’impôt sur le commerce et l’industrie (patentes), sur les portes et fenêtres que nous retrouvons aujourd’hui.
A ces impôts, il faut ajouter la réquisition, les carrées, les péages, le droit de gîte, de fourrage, payé par celui qui se mariait hors la seigneurie, les aides, le droit de joyeux avènements, de ceinture de la reine, de chasse. Le plus exécré de tous, le droit de banalité, moulins, fours, presses, la gabelle, qui s’éleva jusqu'à 60 livres le quintal en Normandie.  Il était défendu de faire servir à sa cuisine le sel qui avait servi à saler le phare, de puiser de l’eau de mer.  Les maisons étaient souvent visitées et les faux sauniers étaient punis de l’amende, du fouet, des galères et quelques fois pendus.
La taille devint perpétuelle en 1439.  Les impôts étaient perçus dans les paroisses par des collecteurs, dans chaque élection par un receveur, dans chaque généralité par un général des finances.
L’Ordonnance de 1357 décrète que tout impôt devra être voté par les Etats Généraux.  Malheureusement, cette ordonnance tomba bientôt en désuétude, surtout pour les impôts indirects, lesquels étaient donnés à bail par le roi à un fermier général.  Ce dernier avait sous lui plusieurs fermiers généraux qui tripotaient les deniers publics malgré les édits de Sully et de Colbert.  Aussi Louis XIV, revenant avec sa mère d’une fête donnée par le Surintendant des finances, Fouquet, disait : « Madame, est-ce que nous ne ferons pas rendre gage à tous ces traitants ? ».
La France, sous l’ancienne monarchie, ne sut jamais ce qu’elle recevait ni ce qu’elle dépensait.  Ainsi, il n’est pas étonnant qu’elle ait abouti à la banqueroute.

XIXème siècle

Nous n’avons trouvé dans les registres de l’état civil rien de particulier à signaler. Quant aux registres des délibérations quelques notes seront inscrites plus loin.
La statistique de ce siècle sera plus facile, plus exacte parce que les registres sont maintenus et les actes rédigés suivant des formulaires imprimés, soit à l’intérieur sur les fenêtres, soit à la première page des registres. Cette statistique se rapporte exclusivement à la commune d’Amblie et il n’est nullement question de Pierrepont qui, lors de la formation des cadastres, a été réuni à Lantheuil.
Nous avons, comme précédemment, agi par périodes décennales, afin de faire mieux sentir le mouvement de la population.  Nous avons fait connaître la mortalité des enfants au dessous de 6 mois et celle des jeunes gens du moins de vingt ans pour comparaison avec celle du siècle précédent.
Le recensement de la population en 1806 donne 686 habitants.

Années    Nais-
sances    Moy-
enne    Mari-
ages    Moy-
enne    Dé-
cès    Moy-
enne    N°
d’an
nées    Durée Moyenne de vie
1800
1809    143    14.3    43    4.3    112    11.2    4482    41ans et
7 mois
1810
1819    166    16.6    49    4.9    137    13.7    5100    37et
3 mois
1820
1829    145    14.5    47    4.7    134    13.4    5377    40 et
1 mois
1830
1839    140    14.0    44    4.4    110    11    5001    45 et
6 mois
1840
1849    120    12    44    4.4    145    14.5    5794    40 et
6 mois
    714    14.1/4    227    4.5    438    123/4    25754    40 et
7 mois
1850
1589    118    11.8    45    4.5    140    14    6317    47 et
1 mois
1860
1869    83    8.3    39    3.9    123    12.3    5545    45 et
1 mois
1870
1879    101    10.1    27    2.7    143    14.3    5279    46 et
9 mois
1880
1889    45    4.5    20.    2    113    11.3    5994    53 ans
    429    8 _    146    2.9    632    12.6    30011    47 et
11mois
Cin
quan
tenaire    714        227        638        25754   
Cinquan
tenaire    429        146        632        30011   
TOTAL    1143    11.4    373    3 _    1270    12.7    55765    44 et
3 mois
                               

La moyenne des naissances dans la deuxième décade qui s’élevait au-dessus de 16 est tombée dans la dernière décade au-dessous de 5 ; elles ont diminué de 12.
La première période cinquantenaire a fourni 714 naissances, la deuxième n’en a donné que 429. C’est-à-dire 285 en moins. C’est presque la population actuelle d’Amblie (290).
Les années qui ont produit le plus de naissances sont 1808 et 1811 avec 22 naissances ; 1827 en a 21.  1814 1819 et 1832 en ont 20.
Celles qui en ont fourni le moins sont 1897 avec 2 naissances, 1894 1895 avec 3 et 1885, 1888, 1889 et 1898 avec 4.
Tandis que les naissances ont diminué considérablement dans le cours de la dernière moitié du siècle, les décès ont été aussi nombreux que dans le premier cinquantenaire.
Les années pendant lesquelles les décès ont été le plus nombreux sont celles de 1840 et 1855 avec 25 décès.  1824 avec 21.  Celles qui en ont donné le moins sont 1819, 1823, 1896 avec 6 décès seulement.
De 1800 à 1849, la mortalité a enlevé 104 enfants de 6 mois et au-dessous, soit 16, 4/% pour cent, et 117 jeunes gens de 6 mois à 20 ans, soit 18, 3%pour cent.  La mort enlevait donc plus du tiers de la population au dessous de 20 ans, sur 638 décès.
De 1850 à 1899, sur 632 décès, nous trouvons 93 enfants de 6 mois et au dessous, soit 14, 7% pour cent et 64 de 6 mois à 20 ans, soit 10 pour cent.
Nous trouvons 93 enfants de 6 mois et au dessous, soit 14, 7% pour cent et 64 de 6 mois à 20 ans, soit 10 pour cent.
La mortalité de l’enfance et de l’adolescence a donc diminué de 10 pour cent pendant la deuxième moitié du XIXème siècle.
La durée moyenne de la vie a progressé en même temps que la mortalité juvénile diminuait.  De 30 ans et demi, moyenne du 18ème siècle, elle s’est élevée à 44 ans et 3 mois pendant la première moitié du 19ème siècle et à 47 ans et 11 mois pendant la deuxième  moitié (1850 1899).
Ce résultat est certainement dû à des meilleures conditions hygiéniques dans les habitations, la nourriture et les mesures préventives contre les maladies contagieuses, et la protection de l’enfance.
Le nombre des mariages a été, à peu près équivalent pendant les 18ème et 19ème siècles bien que dans le dernier siècle, les naissances aient diminué de près de 500.  C’est que les familles ont été plus nombreuses dans le 18ème siècle