Ecole et instituteurs


Il nous a été impossible de fixer la date de la création de l’école d’Amblie.  L’acte le plus antérieur est de 1771 où un nommé Auguste Pierre est qualité maître d’école dans un acte de baptême.
En 1778, une délibération relative à un attentat commis contre l’église  porte la signature d’un nommé Jacques Cauvin qui devait être instituteur à cette époque car nous avons lu dans un autre registre ce qui suit : « Aujourd’hui premier fructidor an II de la République unie et indivisible, moi Jacques Cauvin de la Commune d’Amblie, je me démets de la place d’instituteur, greffier et officier public et renonce à occuper d’autre place, ce dit jour et an que dessus ».
Il pouvait avoir 44 ans. Il est décédé tisserand en 1814, à l’âge de 64 ans.
Charles Lemarchand, de la Commune de Cairon, s’est présenté le 4 thermidor an II de la République, pour être instituteur.  Il dut prêter serment et il n’exercera  ses fonctions que jusqu’au 21 messidor an III.  Il fut remplacé par Pierre Louis Lequesne qui exerça jusqu’en l’année 1814.
Il eut pour successeur François Marie, natif d’Amblie.  Il a exerçé jusqu’en 1858.  Il fut contraint d’abandonner ses fonctions car le Conseil municipal dans une délibération du 27 février 1858, demandait son remplacement (« vu son grand âge »).  Il avait alors 70 ans.
Il devait bien se reposer.  Il avait reçu en 1823 une médaille de bronze.  Il fit partie du Conseil municipal jusqu’au jour où la loi eut interdit l’éligibilité aux instituteurs.
Louis Prosper Pavie lui succéda et a exercé à Amblie pendant 17 ans.
Arthur Marie ne fit que passer.  Il y séjourna environ 18 mois.
Vint ensuite Isidore Allais en 1877.  Il est resté 10 années à Amblie qu’il quitté en 1887 à l’âge de 50 ans, pour aller à Eterville.  Nous lui avons succédé le 24 août et jusqu’au 1er septembre 1905, nous avons exercé nos fonctions à Amblie.
Pendant 135 ans, 9 instituteurs se sont succédés à Amblie, ce qui donne une durée moyenne de 15 ans de résidence pour chacun d’eux.  Très peu atteignent cette  ancienneté  dans beaucoup de petites communes.  C’est qu’à Amblie, les instituteurs y sont tranquilles du moment qu’ils ne s’occupent que de toute classe.
Jusqu’au jour où nous écrivons ces lignes (1913) trois titulaires nous ont succédé.  Aujourd’hui c’est une institutrice qui dirige l’école.
Notre successeur, M. Folliot ne crut pas devoir assister aux offices du dimanche, bien que nous lui eussions fait sentir le mauvais côté de cette abstention.  Aussi la confiance de la municipalité lui fit défaut à tel point qu’il ne choisit pas lui-même les livres destinés à être donnés comme prix à ses élèves.  Il avait deux témoins dans les inventaires et avait manifesté publiquement au dépouillement de l’élection du Conseiller Général.
Glimel lui succéda. Placé, à 21 ans, à la direction de l’école d’Amblie, ce jeune homme ne tarda pas faire parler de lui.
Le samedi 24 avril 1909, une jeune fille passa la nuit à l’école et devint plus tard grosse pour lui.  Entre temps, ayant maltraité un petit enfant de l’hospice, il fut, sur la plainte de la nourrice, contraint de quitter la commune.
Puis est venue Mlle Marc.  Cette nomination d’une femme pour remplacer  des instituteurs qui depuis 1771 ont dirigé l’école est due à l’instigation d’un certain personnage qui, vexé de n’avoir pu réussir aux élections municipales a pensé faire tort à l’école libre de filles tenue par le Château, ou bien pour ennuyer la municipalité à cause de la mairie, car nous pouvons disparaître.  Mais ce bonhomme s’est grandement trompé.
Le 21 septembre 1913 Mlle Marc a quitté Amblie pour un poste d’adjoint à Aunay où elle se maria à un gendarme.  Mlle Guillemette de Fontaine Henry lui succéda.  En octobre 1921 elle fut remplacée par Mlle Bansard.

Fréquentation scolaire


Une caisse des écoles a été établie en 1882, alimentée par une subvention communale pour fournir aux élèves indigents les fournitures classiques indispensables, dans le but de leur faciliter la fréquentation de l’école.
Nous avons voulu établir un parallèle de fréquentation scolaire avant et après la loi de 1882 sur la gratuité et l’obligation scolaire
Nous avons pris les 5 années antérieures et les 5 années postérieures à cette date.
Pour la première période quinquennale nous avons trouvé que sur 100 élèves inscrits au registre matricule, 80 avaient chacun en moyenne, 57 absences 6/10 pendant l’année scolaire, ce qui est énorme, car elles représentent près de deux mois de scolarité. Ces élèves ne fréquentaient l’école que pendant 9 mois.
Ces absences nombreuses ne peuvent s’expliquer que par l’obligation de payer la rétribution scolaire pour tout mois commencé. Or, si un élève, pour une cause quelconque, s’absentait de l’école dans les premiers jours du mois, il n’y rentrait que le mois suivant.
C’était donc la question d’argent qui préoccupait les familles.
Pour les 5 années postérieures à la gratuité et à l’obligation nous avons trouvé que la moyenne des présents sur 100 inscrits était de 82 élèves qui avaient chacun 51 absences par année scolaire.
C’est encore beaucoup, car après l’application de la loi de 1882, les congés ont été beaucoup plus nombreux.
Nous devons en conclure que la fréquentation scolaire n’a pas été beaucoup plus régulière après la loi, car il y a aujourd’hui moins de 10 mois de scolarité…
Cependant de 1876 à 1881, sur 100 élèves inscrits, 51 et 6/10 fréquentaient l’école pendant 11 mois et de 1882 à 1887 sur 100 enfants, 64  la fréquentaient soit 13 pour cent en plus.
Devons-nous ce résultat à l’action des Commissions scolaires créées par la loi ? Assurément non. Dans les diverses écoles que nous avons dirigées depuis 1882 (trois), nous avons vu la Commission scolaire se réunir une seule fois. Un rouage complètement inutile. Il nous semble plutôt que les familles ont compris les bienfaits de l’instruction, et, par suite, ont senti la nécessité d’envoyer régulièrement leurs enfants à l’école.
D’autre part, l’institution des caisses scolaires a contribué beaucoup à la fréquentation scolaire. Ces caisses fournissent aux écoliers pauvres tout ce qui leur est nécessaire à la classe. Celles qui sont riches leur donnant en autres un repas le midi pendant l’hiver et des vêtements pour cette saison.