AMBLIE D'ANTAN

Présentation

D'après le document

Les Seigneurs d'Amblie, par A. du Buisson de Courson

Amédée. Caen ; H. Delesques ; 1903. 

 


Amblie, dont le nom signifie « Deux rivières » est aujourd’hui une petite commune de 274 habitants du canton de Creully, de l’arrondissement de Caen et du département du Calvados. Sa superficie est de 580 hectares. Elle est arrosée par la Seulles qui la borne au nord et par la Thue qui la traverse du sud-ouest au nord-est, et dont le confluent est au moulin de la Porte .
Elle possède des carrières de pierres à ciel ouvert, « dites d’Orival » qui fournissent d’excellentes pierres, de taille supérieure comme durée à celle d’Allemagne, près Caen. Ces carrières sont très anciennes ; elles datent de plusieurs siècles et s’étendent sur une surface de 877 ares. La plupart sont abandonnées ainsi qu’une nouvelle, ouverte près de la route d’Amblie à Creully, il y a environ 50 ans.
Il existe encore une autre ancienne carrière à galeries et qui s’ouvre au centre du village près de rivière la Thue et qui n’est plus exploitée aujourd’hui. Elle porte le nom de « Carrières Blanchard », ses sombres galeries avancent dit-on, jusqu’au calvaire, distant de deux centaines de mètres. Ses pierres ont servis à la construction du bassin de Courseulles.
Deux moulins, l’un sur la Thue et l’autre plus important, au confluent de cette rivière avec la Seulles, sont les seuls qui restent des six que l’on voyait il y a quelques cinquante ans. C’est toute l’industrie que l’on rencontre à Amblie. Autrefois on y trouvait un maréchal, un cordonnier, un menuisier, des marchands merciers et de graines, un filassier, ce qui indiquait la culture du chanvre aujourd’hui disparue, un tisserand, un tailleur d’habits. Le commerce local du temps présent se réduit à une boulangerie ; mais en revanche quatre débits de boissons pour une population qui n’atteint pas 300 âmes. La viande est apportée par plusieurs bouchers des environs.
Le sol de la commune est assez accidenté. Les habitations sont construites dans une étroite et profonde vallée qu’arrose la Thue. On ne les aperçoit qu’à une faible distance, de quelque côté que l’on arrive à Amblie, et si ce n’est le clocher, on ignorerait complètement l’existence de ce village.
La nature du sol est argilo-calcaire en général et se prête à l’exploitation des diverses cultures. Les terres labourables sont très étendues et les prés herbages et vergers occupent à peine le sixième de la superficie totale. On y cultive les céréales et les prairies artificielles qui permettent l’élevage des bestiaux. Peu de bois et l’on est contraints d’employer la houille pour les besoins du ménage. Pas de monuments qui méritent une mention spéciale même le château actuel, de construction moderne et bâti probablement sur l’emplacement de l’ancien manoir féodal. Il est entouré d’un parc de 10 hectares, parfaitement dessiné et traversé, en partie, par la rivière la Thue.
L’église du XIIIème siècle, placée à mi-côte, sur le chemin de grande communication de Creully à la Délivrande et à l’extrémité est de la commune n’a rien de remarquable, si ce n’est un tore à anneaux qui entoure la porte d’entrée ou portail, chose assez rare en France. Aussi ce portail a-t-il été classé monument historique en novembre 1910.
Le clocher, placé près du portail a été reconstruit vers 1869 pour remplacer l’ancien qui se trouvait entre le chœur et la nef et démoli par la foudre. Il est bâti en pierres de taille et sa flèche est à 8 pans et surmonté d’un paratonnerre.
L’aile, du côté du midi, a été ajoutée il y a environ 50 ans. De ce côté se trouvait une entrée latérale qui donnait accès dans l’église, ainsi que le constate un acte de décès du 17 août 1787, dans lequel une dame Desplanches de Cloville a voulu être enterrée près de cette petite porte. Il est à présumer que cette tombe se trouve maintenant à l’intérieur de l’église et s’ajoute à celles dont nous parlerons plus loin. Il y en avait une autre au nord, ces deux portes ont disparu.
On accède à cette église par deux voies. Celle du nord  un escalier de 53 marches et qui n’arrive cependant pas auprès du monument, il faut encore gravir un coteau assez raide d’environ vingt mètres.
Elle se trouve au milieu d’un cimetière de 78 ares ou 129 perches, très mal tenu. Cela est l’effet de la faculté laissée aux familles de choisir le lieu de sépulture de leur membres de sorte que de vastes espaces ont inoccupés et remplis de broussailles. Quelques années avant la révolution de 1792 on voyait à Amblie une seconde église, non loin de la précédente dans un endroit dénommé « Jardin Saint Jean », près du moulin, sous le vocable de Saint Jean qui est la fête patronale, bien que la première soit sous le vocable de Saint Pierre. Les registres de l’état civil de 1666 à 1671 s’appliquant à l’église St Jean. Le curé Lemonnier, décédé le 27 février 1792, était qualifié curé de Saint Jean d’Amblie.
Il y avait bien une troisième église, celle de Sainte Trinité de Pierrepont, car ce hameau a fait partie jusqu’en 1835, de la paroisse d’Amblie et en constituait la 2è portion. Saint Jean et Saint Pierre formaient la 1è portion, la plus importante.
Pierrepont a été rattaché à la paroisse de Lantheuil, à l’exception d’une ferme dénommée autrefois « la vavasserie d’Hérouville » et qui appartient aujourd’hui à Mr Du Buisson de Courson. Les curés de ces diverses églises étaient nommés par les seigneurs d’Amblie et de Pierrepont qui étaient en même temps patrons ce qui leur donnait droit de nomination à la cour.